Les émeutes se sont poursuivies pendant la nuit dans certains quartiers de Tirana mais les policiers ont pris le contrôle. Plusieurs manifestants ont alors été arrêtés.

Ce n'est que le lendemain matin qu’on m’a confirmé qu’il était sécuritaire de me rendre à l’aéroport. En m’y rendant samedi matin, j’ai demandé au chauffeur de taxi de passer par le centre-ville pour que je puisse voir les reliquats des émeutes de la veille. Pas très beau à voir : plusieurs véhicules renversés et brûlés, un nombre incroyable de roches et de morceaux de briques jonchant le sol, des débris partout, le « Governement House » cordonné, plusieurs policiers encore présents et un bon nombre de badauds venus constater les dégâts aussi. J’ai vu de l’incrédulité dans plusieurs regards. Mais ce qui m’a surtout frappé c’était de sentir l’après-choc, une ambiance sombre et funeste quasi-palpable qui planait au cœur de Tirana…

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La vue désolante de la chambre où se trouvait Maître Corbeau
Bilan : 3 morts (tués par balles) et 55 blessés. Une commission d’enquête sera lancée pour faire la lumière sur la tournure tragique de cette manifestation que le parti au pouvoir décrit comme une tentative de coup d’État

Heureusement pour tous que la manifestation sanglante de vendredi dernier n'a pas transformé la ville en un autre Tunis. Par contre, l’histoire n'est pas terminée. Deux autres manifestations sont prévues pour cette semaine, une par les partis de l’opposition vendredi (ceux-là mêmes qui avaient organisé la manif de vendredi dernier) et l’autre, le lendemain, un contre-manifestation par les partisans du parti au pouvoir. Ça risque de dégénérer encore. Cette fois-ci, les unités anti-émeutes seront fort probablement épaulées par l’armée et ensemble ils ne feront sûrement pas preuve d’autant de tolérance comme la police l’avait fait au tout début de la manifestation avant que la violence et la casse débutent. C’est à suivre…Mais cette fois, ce sera de Montréal et non pas confiné à ma chambre d’hôtel comme vendredi dernier.

Paul Martin