L’avocat des artistes

Theodora Navarro
2016-06-07 15:40:00

Ses clients ? De jeunes artistes principalement, des gens issus de milieux très divers, comme la musique certes, mais aussi la danse, l’illustration ou la photographie. « En photographie, il y a beaucoup de problèmes de respect du droit d’auteur », souligne en passant Me Menon.
« J’adore m’occuper des musiciens, mais j’aime le fait que mon travail m’ouvre à d’autres horizons complètement différents! » Il est encore surpris du plaisir qu’il a pris à participer à un colloque autour, notamment, du travail des chorégraphes, un monde complètement nouveau pour lui.
Plus casual que tuxedo
Nul besoin, selon lui d’être soi-même artiste pour les défendre. « Se passionner pour les arts est le seul point important », conseille-t-il à ceux qui voudraient suivre sa voie. Mais Me Menon reconnaît, cependant, que son statut de musicien facilite la discussion. « Lorsque je les rencontre dans des spectacles, je suis habillé plus casual que tuxedo, sourit-il. Et lorsqu’ils savent que j’ai un groupe de musique, la conversation est lancée, cela réduit considérablement le fossé avec lequel ils considèrent parfois les avocats.» Pour lui, le rapport avec ce type de clientèle est différent. « Les artistes sont des clients bien moins stressés! »
Son avancement, Me Menon le doit, estime-t-il, à Me Normand Tamaro, son mentor. Connu pour sa grande expertise en droit d’auteur, Me Tamaro a accueilli d’abord en stage Me Menon, et nourri son intérêt pour le droit des artistes. « Il est l’exemple même de quelqu’un qui n’est pas artiste lui-même et qui excelle pourtant à les comprendre et à les conseiller!»
Neutralité de goût avant tout
L’une des premières choses que celui-ci lui a appris, c’est qu’il est là pour représenter et non pour juger. « Bien sûr qu’en tant qu’artiste, j’ai du goût ou non pour la musique, les illustrations ou le spectacle que présente mon client, mais ça ne doit rien changer à la façon dont je les conseille… La neutralité est de mise!»
Un parcours facile à suivre? Pas forcément. « Je trouve qu’on ne parle pas assez des carrières qui peuvent exister en dehors du litige, notamment, dans un grand cabinet. Ce doit être passionnant et formateur, mais il existe d’autres parcours », regrette Me Menon, qui vient de monter son site Internet.
Pour lui, les jeunes avocats ne sont pas toujours suffisamment épaulés. « Travailler seul, dans un milieu peu connu, c’est un beau choix aussi. Cela reste très formateur même si le chemin d’ascension est un peut-être un peu plus long. »