Peut-on se projeter dans le milieu juridique quand on manque de modèles?

Peut-on se projeter dans le milieu juridique quand on manque de modèles?
Sonia Semere

Sonia Semere

2026-11-03 14:15:41

Commenter

Une association de l’UQAM veut mieux soutenir les étudiants noirs en droit. Rencontre.


Kadiatou Sangaré - source : LinkedIn

Se sentir à sa place dans une faculté de droit où l’on croise peu de personnes qui nous ressemblent : c’est l’un des défis auxquels veulent s’attaquer les coprésidentes de l’Association des étudiants noirs en droit de l’UQAM, Kadiatou Sangaré et Kimberly Achiaa Ofori.

À travers des activités de réseautage, du mentorat informel et des initiatives de sensibilisation, elles souhaitent bâtir une communauté et encourager davantage de jeunes personnes noires à envisager une carrière juridique.

« On voulait un peu démystifier ce qu’on fait et montrer aussi notre implication », explique Kadiatou Sangaré à Droit-inc.

Un manque de représentation

L’objectif est également de faire connaître les ressources qui existent pour les étudiants issus de la diversité. Car, selon les deux étudiantes, le manque de représentation demeure un enjeu dans les études juridiques.

Rattachée au réseau de l’Association des étudiants noirs en droit du Canada (AÉNDC), également connue sous son appellation anglaise Black Law Students’ Association (BLSA), la section de l’UQAM cherche à rapprocher les étudiants noirs et à faciliter leurs échanges avec des professionnels du droit.

L’association organise notamment des panels, des activités de réseautage avec des cabinets d’avocats et des rencontres entre étudiants. Elle propose aussi des activités sociales afin de renforcer les liens entre ses membres. Ces initiatives visent à permettre aux étudiants de découvrir différents parcours professionnels, de poser leurs questions et de développer un réseau dès leurs études.

Pour les deux coprésidentes, cet engagement est étroitement lié à leur propre expérience à l’université. Kimberly Achiaa Ofori se souvient de ses débuts à l’UQAM, où elle avait du mal à trouver des personnes avec qui partager son expérience. « Je pensais que j’étais toute seule dans ma cohorte », raconte-t-elle.


L’association lui a permis de constater qu’elle n’était pas seule, mais aussi d’obtenir des conseils pratiques sur les études, la prise de notes et le développement de la pensée critique juridique. Au fil du temps, elle y a aussi trouvé un réseau d’amis et de personnes avec qui échanger.

Pour Kadiatou Sangaré, le manque de représentation s’est fait sentir dès son arrivée. Lors de la journée d’accueil, elle se rappelle avoir observé un amphithéâtre rempli d’étudiants, parmi lesquels elle avait du mal à trouver des personnes qui lui ressemblaient.

En première année, elle se retrouvait souvent seule ou parmi les deux seules personnes noires de ses cours. Cette situation l’a amenée à s’interroger sur son avenir professionnel : « Est-ce que quand je vais aller dans le milieu du travail, est-ce que ça va être pareil? Est-ce que je vais me sentir gênée? »

C’est notamment ce qui l’a poussée à s’investir dans l’association, d’abord comme trésorière, puis comme coprésidente. Elle voulait contribuer à créer un espace où les étudiants pourraient se sentir soutenus et gagner en confiance.

« C’est vraiment un genre d’association qui nous permet d’être nous-mêmes ».

Faire connaître l’association

L’association souhaite également agir en amont, avant même l’entrée à l’université. Les coprésidentes envisagent notamment de visiter des écoles secondaires afin de présenter les études juridiques aux jeunes et de leur montrer qu’une carrière en droit est accessible, peu importe leur origine.

Elles constatent que le manque de représentation peut influencer le choix d’une université et amener certains candidats potentiels à douter de leur place dans une faculté de droit. À l’UQAM, l’association cherche donc à améliorer sa visibilité auprès des étudiants actuels et futurs.

Partager cet article:

165
Publier un nouveau commentaire
Annuler
Remarque

Votre commentaire doit être approuvé par un modérateur avant d’être affiché.

NETiquette sur les commentaires

Les commentaires sont les bienvenus sur le site. Ils sont validés par la Rédaction avant d’être publiés et exclus s’ils présentent un caractère injurieux, raciste ou diffamatoire. Si malgré cette politique de modération, un commentaire publié sur le site vous dérange, prenez immédiatement contact par courriel (info@droit-inc.com) avec la Rédaction. Si votre demande apparait légitime, le commentaire sera retiré sur le champ. Vous pouvez également utiliser l’espace dédié aux commentaires pour publier, dans les mêmes conditions de validation, un droit de réponse.

Bien à vous,

La Rédaction de Droit-inc.com

PLUS

Articles similaires