Du Québec au Maroc : une avocate tente l’aventure internationale
Changer de pays, de repères et de milieu professionnel : une avocate nous raconte son nouveau départ au Maroc.

Après avoir amorcé sa carrière comme conseillère juridique au Québec, notamment chez Métro et Pelican International, Me Rime El Rhoul a choisi de donner un nouveau tournant à son parcours professionnel en renouant avec ses racines marocaines.
Une opportunité professionnelle chez VINCI Energies l’a ainsi menée à Casablanca, où elle exerce désormais comme juriste d’entreprise et accompagne les activités du groupe en Afrique de l’Ouest.
Pour Droit-inc, elle revient sur ce changement de vie, son adaptation à un nouvel environnement professionnel et ce qui l’a poussée à oser l’aventure internationale.
Aviez-vous une idée de ce qui vous attendait professionnellement au Maroc?
J’ai quitté le Maroc à huit ans. J’y étais retournée en vacances avec ma famille, mais je n’avais jamais connu la vie professionnelle dans ce pays, encore moins la pratique du droit comme juriste. C’était donc une véritable aventure. Ce qui m’a rassurée, c’est que je me suis retrouvée dans une multinationale, VINCI Energies, un groupe français très connu et également présent au Québec.
Sur le plan corporatif, je retrouvais donc certains repères. Évidemment, le pays, les coutumes et les façons de faire sont différents. C’est une nouvelle réalité professionnelle, même si le français et l’anglais sont largement utilisés. Personnellement, j’étais toutefois dans un pays que je connais et que j’apprécie, ce qui a facilité mon adaptation.
Dans mon cas, je n’ai pas besoin d’être membre d’un barreau pour exercer comme juriste en entreprise au Maroc. Je suis toutefois demeurée membre du Barreau du Québec. Cela me permet de continuer à suivre des formations professionnelles et de demeurer avocate au Québec tout en exerçant à l’international.
Quel est concrètement votre rôle chez VINCI Energies?
VINCI Energies, qui est basée à Casablanca, accompagne les activités du pôle Afrique de l’Ouest. Pour ma part, j’accompagne particulièrement l’une de nos entreprises, Actemium, qui œuvre dans l’industrie et les procédés.
Mon rôle consiste essentiellement à accompagner les équipes opérationnelles sur le plan juridique et commercial : contrats commerciaux, soutien aux opérations et enjeux du quotidien. Je suis vraiment dans une approche de partenaire d’affaires auprès des opérationnels.
Comment apprenez-vous à naviguer dans ce nouvel environnement juridique et professionnel?
Cela demande énormément de communication. Cela fait seulement un mois que je suis ici, donc j’ai eu beaucoup de rencontres avec différentes personnes pour comprendre comment l’entreprise fonctionne, mais aussi pour saisir le climat interne et les interactions avec les clients. Il faut être ouvert à la nouveauté et aux différentes façons de faire. Il faut garder l’esprit grand ouvert et être prêt à apprendre.
Je pense que c’est aussi ce qui est intéressant dans le rôle de juriste d’entreprise. Peu importe où l’on se trouve, on demeure un support aux opérationnels et un partenaire d’affaires. Le rôle évolue constamment avec les besoins de l’entreprise.
Comment, selon vous, le rôle du conseiller juridique dépasse-t-il aujourd’hui la simple analyse juridique?
Le conseiller juridique est un véritable partenaire d’affaires. Il est essentiel qu’il comprenne l’entreprise, sa réalité et ses objectifs, et pas seulement les règles de droit qui s’appliquent. Le juriste doit connaître l’entreprise de A à Z.
Il ne doit pas être perçu comme un frein aux opérations, mais plutôt comme un allié qui permet de faire avancer les choses de façon sécuritaire et réfléchie. C’est cette compréhension du volet commercial et opérationnel qui permet au conseiller juridique de devenir une véritable fonction de soutien au sein de l’entreprise.
Est-ce que votre expérience de juriste d’entreprise au Québec vous a préparée à cette mobilité internationale?
Lorsqu’on travaille en entreprise, on touche souvent à beaucoup de domaines différents. Cela développe une grande ouverture et une certaine agilité. On est constamment appelé à s’adapter à de nouveaux enjeux, de nouvelles personnes et de nouveaux contextes. Cette capacité d’adaptation devient particulièrement utile lorsqu’on change de pays et d’environnement professionnel.
Partager cet article: