Deux nouveaux boss pour accélérer la transformation de Cain Lamarre

Deux nouveaux boss pour accélérer la transformation de Cain Lamarre
Sonia Semere

Sonia Semere

2026-10-09 15:00:45

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En entrevue avec Droit-inc, les deux nouveaux patrons expliquent comment ils comptent faire évoluer la stratégie, la pratique et l’innovation au sein du cabinet.

Marie-Claude Forest - source : Cain Lamarre


Cain Lamarre veut accélérer sa transformation.

Pour y arriver, le cabinet mise notamment sur deux recrues : Marie-Claude Forest, nommée directrice principale – Stratégie d’affaires, et Jean-François Denis, qui prend le poste de directeur principal – Pratique professionnelle, savoir et innovation.

Deux nominations qui arrivent à un moment charnière pour le cabinet, qui veut faire évoluer ses pratiques, soutenir sa croissance et tirer davantage parti des nouvelles technologies, particulièrement de l’intelligence artificielle.

On a jasé avec Marie-Claude Forest et Jean-Claude Denis pour comprendre ce qui se joue derrière ces nominations et, surtout, où ils souhaitent mener Cain Lamarre au cours des prochaines années.

Vous arrivez tous les deux dans de nouvelles fonctions au sein de Cain Lamarre. Quelle vision stratégique du cabinet se trouve derrière vos nominations?

Marie-Claude Forest : Cain Lamarre ne part certainement pas de zéro. Beaucoup de choses ont déjà été analysées et mises en place. Mais le cabinet se trouve à un tournant, tout comme l’ensemble du monde juridique. L’objectif est de saisir cette occasion, de mieux comprendre les clients et d’anticiper leurs besoins.

Avec ses quelque 15 bureaux, le cabinet est directement en contact avec des réalités d’affaires très différentes sur le terrain. Mon rôle consiste notamment à ramener cette compréhension dans une vision globale et à donner les moyens au cabinet de réaliser ses ambitions.

Il faut transformer ces ambitions en actions concrètes. La stratégie ne doit pas rester théorique : elle doit se traduire sur le marché et dans la façon dont nous travaillons.

Jean-François Denis - source : Cain Lamarre
Qu’est-ce qui vous a personnellement convaincus de vous joindre au cabinet?

Jean-François Denis : Je suis avocat de formation et j’ai pratiqué jusqu’en 2017. À partir de 2020, j’ai ensuite été appelé à contribuer à la transformation numérique de SNC-Lavalin, notamment du côté juridique. J’ai beaucoup apprécié cette expérience et, à la fin du projet, j’ai réalisé que c’était ce que je souhaitais faire pour la suite de ma carrière.

J’ai ensuite travaillé au sein de l’équipe de transformation juridique de PwC, où j’ai eu l’occasion d’accompagner différents clients, notamment des entreprises et des cabinets d’avocats. Au fil de ces discussions, j’ai découvert Cain Lamarre et constaté un véritable alignement entre ma vision de l’intégration de l’intelligence artificielle et celle du cabinet.

Ce qui m’intéressait particulièrement, c’était d’aller au-delà de l’IA générative et de réfléchir à l’IA agentique, mais surtout à la manière dont la technologie peut nous amener à repenser les façons de faire d’un cabinet d’avocats et à anticiper ses impacts sur le modèle d’affaires.

Marie-Claude Forest : De mon côté, c’est notamment la possibilité de travailler avec les différentes réalités d’affaires du cabinet qui m’a attirée. Cain Lamarre possède une présence importante à travers le Québec, avec des réalités propres à chacun de ses marchés.

Créer un fil conducteur entre la stratégie, le marché et les clients représente un défi particulièrement stimulant. Le fait que Jean-François arrive avec un mandat axé sur l’innovation a aussi été un élément important. Nos deux expertises sont très complémentaires.

Où voyez-vous actuellement les principales occasions de croissance pour Cain Lamarre?

Marie-Claude Forest : Il y en a plusieurs, mais je vais demeurer assez générale puisque certains éléments de la stratégie sont encore en développement. Les ressources naturelles constituent notamment un secteur très important, compte tenu de la réalité économique du Québec.

Nous sommes actuellement en train de regarder où se trouvent nos forces, où nous sommes les mieux positionnés et sur quoi nous voulons bâtir au cours des prochaines années. L’objectif est de bien comprendre ce qui se passe sur le marché et de déterminer où Cain Lamarre peut créer le plus de valeur.


Votre mandat consiste aussi à faire évoluer les façons de travailler. Qu’est-ce que cela pourrait changer concrètement pour les avocates et avocats?

Jean-François Denis : Dans mon rôle, je suis responsable de la pratique professionnelle, du savoir et de l’innovation. Nous commençons notre transformation par ces fonctions, qui se prêtent particulièrement bien à l’intégration de la technologie et de l’intelligence artificielle. Le défi que je donne à mon équipe est de fonctionner en « IA d’abord ».

Il ne s’agit évidemment pas de remplacer les professionnels par la machine. Il faut plutôt toujours se demander comment l’intelligence artificielle peut nous aider à réduire le temps et les étapes nécessaires avant d’arriver à ce qui constitue véritablement la valeur du travail juridique : l’exercice du jugement professionnel.

Nous voulons identifier, avec les professionnels eux-mêmes, les tâches fastidieuses et à faible valeur ajoutée et voir comment la technologie peut nous aider à les réduire. L’objectif est ensuite de pouvoir consacrer davantage de temps aux éléments qui nécessitent réellement l’expertise et le jugement de l’avocat. Cela doit aussi nous permettre d’atteindre un standard de qualité très élevé. Pour moi, il s’agit en quelque sorte de créer une standardisation de l’excellence.

Dans quelle mesure les attentes des clients ont-elles évolué au cours des dernières années?

Marie-Claude Forest : On apprend beaucoup de nos clients. C’est un véritable échange : chacun évolue dans sa propre industrie, avec ses réalités et ses enjeux, et leurs besoins évoluent au même rythme que leurs entreprises. L’arrivée de l’intelligence artificielle contribue également à faire évoluer ces attentes.

Les clients s’attendent de plus en plus à ce que leurs conseillers comprennent non seulement leurs enjeux juridiques, mais aussi leur industrie, leur réalité d’affaires et la direction dans laquelle ils souhaitent aller.

Jean-François Denis : Je le constate également. Les clients s’attendent maintenant à ce que les cabinets explorent l’intelligence artificielle, mais surtout qu’ils mettent en place des mécanismes permettant à cette technologie de générer de véritables gains pour l’organisation : davantage d’efficacité, une meilleure qualité ou une réduction des coûts.

Il faut toutefois rester prudent. L’IA est une technologie encore relativement nouvelle et elle évolue extrêmement rapidement. Si on ne suit pas son évolution de près, on peut rapidement manquer une étape et perdre l’avantage concurrentiel qu’elle peut représenter.

Face à ces nouvelles attentes, comment fait-on évoluer la pratique des avocates et avocats?

Jean-François Denis : Nous voulons que nos professionnels puissent devenir des interlocuteurs crédibles auprès de leurs clients sur ces questions. Prenons une entreprise qui vient nous voir parce qu’elle doit améliorer son efficacité. Le réflexe pourrait être de simplement demander au cabinet de réduire son taux horaire. Or, le taux horaire n’est pas nécessairement le prix, et ce n’est certainement pas toujours une solution durable.

Notre approche consiste plutôt à travailler avec le client pour trouver des façons de faire qui lui permettront lui-même de gagner en efficacité, notamment grâce à la technologie. Il faut entreprendre cette discussion avec lui : est-ce que ce que nous proposons répond réellement à un besoin? Est-ce que cela va véritablement améliorer la façon dont nous l’accompagnons?

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