Quatre avocates, une notaire et une clinique dans le Grand Nord!
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Delphine Jung
2017-04-20 11:15:00

« Nous avons reçu environ 70 candidatures avocats et notaires confondus », explique Me Nancy Laggett-Bachand, directrice de Pro Bono Québec.
Me Dana Chevalier fait partie des postulants retenus pour partir deux jours. Avocate à son compte à Sainte-Anne-de-Bellevue, elle est diplômée en droit de l’UQAM. Elle détient également un diplôme de travail social en milieu autochtone du Anishnabek Educational Institute et a travaillé dans un centre de traitement de la toxicomanie pour les jeunes créés par et pour les Premières Nations et les Inuits.
« C’est à cette période que j’ai appris toute l’histoire des pensionnats, que j’ai réalisé la représentation disproportionnée des autochtones en milieu carcéral, mais aussi la richesse de la vision du bien-être communautaire qui existe », explique l’avocate, très engagée pour l’accès à la justice.
C’est donc presque tout naturellement qu’elle a postulé à l’annonce de Pro Bono Québec. « J’ai pensé que c’était une belle occasion d’en apprendre plus sur ce qui se passe au Nunavik », explique-t-elle.
Les quatre avocates et la notaire ont été accueillies par Me Geneviève Arcand et Me Geneviève Gosselin, deux juristes qui exercent à temps plein à Kuujjuaq.

Elle explique qu’il n’y a pas un domaine du droit particulièrement délaissé, mais que l’isolation géographique et le fait que les documents soient le plus souvent rédigés en français n’aident pas: « la première langue parlée à Kuujjuaq est l’inuktitut, certains parlent l’anglais, mais très peu le français ».
« Par exemple, les cas de divorces non contestés… Ici, c’est très facile à faire, mais là-bas, il n’y a même pas de greffier en droit civil et les documents sont tous en français », dit-elle.
Ainsi, 58 citoyens ont été accueillis à la clinique durant ces deux jours. Ils se sont informés sur des sujets comme les testaments ou encore la garde d’enfants.
Me Leggett-Bachand dresse un bilan « très positif » et souligne l’accueil des gens de Kuujjuaq et combien ils ont été « réceptifs » à leur venue.
« Le maire de la ville a demandé à ce qu’on revienne en automne et d’autres communautés du coin nous ont approchés. Ce sera surtout une question de financement », explique la directrice qui envisage d’ajouter des ateliers de formations pour tous en plus des rendez-vous personnalisés si l’expérience se reproduit.