Deux procureurs en larmes
Thomas Vernier
2026-09-28 10:30:03
Les deux procureurs harcelés par Zakaria Rizqy ont témoigné de leur peur…

« Je ne serai plus jamais en sécurité à partir du moment où il retrouvera sa liberté. Je vivrai dans l'inquiétude de ne pas savoir ce qu'il fera, quand il le fera et à qui il le fera. »
Les deux procureurs de la cour municipale de Québec harcelés par Zakaria Rizqy n'ont pu retenir leurs larmes en témoignant, mercredi dernier, aux observations sur la peine. L'un d'eux a dit songer à déménager et à installer un système de sécurité — sans savoir si ce sera assez — parce que Rizqy connaît son adresse.
Pendant que l'un d'eux témoignait, l'accusé a mimé de fausses larmes qu'il essuyait avec son chandail, en se retournant vers le fond de la salle pour le fixer.
Les procureurs Jean-François Paré et Louis Durand-Bluteau réclament une déclaration de délinquant à contrôler assortie d'une surveillance de dix ans. Ils ont fait entendre deux agents des services correctionnels : depuis son incarcération, Rizqy a accumulé 14 manquements disciplinaires et 32 plaintes, sur 114 pages. La direction a déposé contre lui une demande en mesure disciplinaire « quérulente ».
Le rapport présentenciel est sans ambiguïté : il reconnaît les gestes, mais « tend [...] à banaliser, voire à contester le caractère inapproprié, intimidant et illégal de ses comportements », qu'il tient pour « une forme légitime d'expression de son mécontentement ».
Rizqy a été déclaré coupable des dix chefs en décembre, pour avoir intimidé et harcelé trois juges et deux procureurs. Un des juges avait dit au procès se sentir « une cible » : « Cet homme veut nous faire peur et il a réussi, parce que j'ai peur. »
Non représenté à son procès, il est désormais défendu par Louis Belliard.
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