Sexisme chez un géant mondial du droit

Agnès Rossignol
2014-05-26 13:15:00

Si dans l'opinion publique, il est clair que les avocats devraient être les premiers à s'élever contre toute forme de discrimination, notamment fondée sur le sexe, la réalité est toute autre parfois.
Le 10 mai dernier, le Sunday Mirror révélait que l'un des associés en droit du sport au bureau londonnien de cabinet DLA Piper avait échangé des courriels électroniques sexistes envers les femmes avec l'un de ses clients, Richard Scudamore, le directeur général de la « Premier League », plus haut championnat de football au Royaume-Uni. On apprend dans Above The Law qu'il s'agit de l’avocat Nicholas West.
Dans ces correspondances, les deux protagonistes parlent de manière crue d'une collègue de Richard Scudamore et évoque le « caractère irrationnel des femmes ». Me West aurait lancé : « Have spent all day fending [Premier League planning and projects director Peta Bistany, aka “Edna”] off my graphite shaft. She is terribly relentless isn’t she?! ». Le patron du foot anglais aurait quant à lui répondu : « Terribly! Must keep her off your shaft… graphite, sausage meat or flimsy sponge. » L'avocat aurait indiqué à son client : « save the cash in case you find some gash ».
Gros scandale au Royaume-Uni

DLA Piper ne bouge pas
Après avoir eu vent des propos litigieux, la direction de DLA Piper procède dans un premier temps à une enquête mais fait marche arrière et décide de ne pas poursuivre.
Bien que le propos de Me West ait été condamné car contraire aux normes professionnelles du cabinet, aucune sanction contre l'avocat n'a été jugée nécessaire.
DLA Piper se serait contenté d'une affirmation de l'avocat selon laquelle ses courriels ne reflètent ni ses pensées ni ses valeurs et que ce comportement ne se reproduira pas. Me West aurait rédigé une déclaration dans laquelle il présente ses excuses pour ses agissements et reconnaît l'impact négatif que cela a pu avoir sur la firme et ses clients. « J'ai l'obligation de soutenir les standards professionnels les plus élevés et j'atteste que ce sera effectivement le cas », écrit-il.
Laxisme ou décision sage ? La firme a sans doute estimé que la situation d'embarras dans laquelle se trouve l'associé suffit à le sanctionner.