Vous ne vous ennuierez pas - une fois de plus! - en lisant ces jugements !
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Julien Vailles
2017-05-05 15:00:00
Dans cette seconde partie, Droit-inc a répertorié ces affaires qui se démarquent de par les commentaires des juges, voire par le jugement du entier…
Cliquez ici pour lire la première partie.
Encore Roméo et Juliette

« L’hiver est à l’envers »
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Dans une autre affaire, c’est à Charles Baudelaire que le juge DuBois fait référence. Pour encourager une mère à reprendre le contrôle de sa vie, le magistrat rappelle qu’« une suite de petites volontés fait un gros résultat ».
Pour décrire la température atypique au moment des faits, le juge de la Cour supérieure François Tôth disait en 2010, dans l’affaire Ayala c. Sherbrooke : « Le 15 décembre 2003, il est tombé 38 cm de neige. Le 16 décembre 2003, il n'y a eu aucune précipitation alors que selon Madame, il avait neigé. Deux jours plus tard, il pleut. L'hiver est à l'envers comme le chanterait Jean-Pierre Ferland ».
Le havre de paix et le hameau de la haine

L’affaire I. B. c. G. D. a pour toile de fond l’histoire d’un père qui a donné, en parts égales, ses actifs à ses nombreux enfants. Cependant, ceux-ci se sont répartis en clans, ce qui a mené à de nombreuses disputes, trahisons et rancœurs familiales. « Voilà un scénario qui aurait sans doute pu inspirer Brel ou Maupassant! » s’exclame le juge Paul Jolin après son résumé des faits.
De leur propre cru…

« Quelques instants plus tard, en goguette et d'humeur rigolarde, le défendeur s'est avancé vers le demandeur avec sa boutanche en l'aspergeant par l'arrière de la moussante que ce dernier venait de lui offrir. Tarabusté de souffrir cette affusion inopinée, le défendeur lui a bourradé un ramponneau dans la tronche. (...) ; on peut toutefois conclure que le geste a été posé avec une détermination certaine dans le but de se défaire d'un importun luron en ribote. »
Le juge conclut: « … ni le demandeur ni le défendeur n'avaient l'intention de se bigorner lors de l'incident de l'aspersion. En se livrant à cette plaisanterie, le demandeur ne cherchait noise à personne. Parti en ribouldingue, il voulait simplement asticoter sa compagnie. Il a eu la poisse de se retrouver derrière un mec qui, c'est le moins qu'on puisse dire, n'y est pas allé de main morte mais plutôt d'un cubitus ravageur ».
Le défendeur a été condamné par le juge Boyer à payer la somme de 4 000$, pour avoir « rendu mobiles certaines dents auparavant bien en place chez le demandeur »…