Me Larochelle blâme le juge Gagnon, le jury et la Couronne

Agence Qmi
2012-06-29 08:30:00

Dans ce document de sept pages, l’avocat adresse des reproches au jury, au juge Claude Gagnon et à la Couronne, qui auraient posé différentes actions ayant biaisé l’issu du procès.
Me Larochelle affirme d’entrée de jeu que le jury ne pouvait condamner son client à moins qu’il ne soit convaincu hors de tout doute raisonnable que la thèse du meurtre était possible. Or, trois experts de la poursuite auraient laissé entendre que les marques trouvées sur la victime pouvaient correspondre à un suicide.
Qui plus est, il est « très peu vraisemblable », selon lui, que le jury ait fait « une analyse un tant soit peu soignée de la preuve balistique », puisque les jurés ont rendu le jugement après deux jours et demi de délibérations, alors que la preuve technique s’est étendue sur six jours.
Juge et poursuite blâmés

L’avocat de Jacques Delisle dénonce de plus la plaidoirie faite par la Couronne dans cette affaire, l’accusant d’avoir « souvent et gravement faussement représenté » la preuve présentée en cour.
« Sa plaidoirie et son résumé ont été un appel systématique à l’émotivité, à la spéculation et au préjugé, invitant clairement les jurés à décider non pas sur la base d’une analyse rationnelle et sérieuse de la preuve, mais bien plutôt sur celle beaucoup plus précaire », peut-on lire.
Me Larochelle s’en prend aussi au contre-interrogatoire « gravement défectueux » de son expert, qui aurait consisté en une « série d’affirmations non suivies de questions » qui aurait semé la confusion chez le jury.
Nouveau procès
Pour toutes ces raisons, Me Larochelle réclame un nouveau procès à la Cour supérieure. Cet avis d’appel a par ailleurs été accompagné d’une requête pour remise en liberté provisoire de son client, qui sera débattue le 4 juillet, au palais de justice de Montréal devant le juge Richard Wagner, nommé à la Cour d’appel deux ans après que Delisle ait pris sa retraite.
Jacques Delisle a été reconnu coupable le 14 juin du meurtre au premier degré de son épouse, Marie-Nicole Rainville, morte d’une balle à la tête le 12 novembre 2009. Il est détenu depuis et condamné à la prison à perpétuité sans possibilité de libération avant 25 ans.