Parajuriste, homme et handicapé. Et alors?

Natacha Mignon
2010-01-11 08:30:00
Dans un précédent article, on nous avait reproché de ne pas parler des para-juristes hommes, l’erreur allait être réparée. Et bien, j’anticipais sur les propos de cette personne.
« Nous sommes quatre hommes sur une classe de quatorze, dit Pierre-Daniel Décarie. C’est vrai que les hommes sont en minorité dans ma promotion, mais je n’y ai jamais pensé plus que cela »
Le débat sur la forte féminisation de la profession ou sur sa masculinisation sera donc reporté, au profit d’un autre.
Pierre-Daniel Décarie, 37 ans, est étudiant en dernière année d’une formation accélérée en techniques juridiques au collège Ahuntsic de Montréal. Son âge sous-entend qu’il a eu un passé, avant de choisir de retourner aux études.
En effet. Il a œuvré pendant 15 ans dans le milieu communautaire, pour plusieurs organisations visant à promouvoir l’insertion des personnes souffrant de handicaps dans la société.
Pourquoi cet engagement ? Parce que Pierre-Daniel Décarie est lui-même atteint d’épilepsie et il s’est battu dès l’âge de 22 ans pour voir reconnaître sa maladie comme une déficience fonctionnelle majeure, ce qu’il a obtenu.
Ce sont de ces combats menés pour la cause du handicap que l’étudiant en Techniques Juridiques a attrapé la passion du droit.
« Pour faire aboutir mes défis passés, j’ai du me plonger dans le droit et me lancer dans des recherches juridiques poussées, dit-il. Après quelques années, je me suis aperçu que j’étais bon dans ce domaine et que je voulais travailler dans le milieu juridique ».
Être technicien juridique est pour lui une première étape. Il n’exclut pas à moyen terme, mais sans se fixer de date, de poursuivre ses études et de passer un jour don barreau.
Si sa maladie nécessite certaines zones d’accommodements, elle n’empêche pas sa pratique du droit.
« C’est une affection neurologique, donc certaines tâches me prennent plus de temps, mais j’ai des forces et des atouts pour les compenser ».
Aujourd’hui Pierre-Daniel Décarie cherche un stage, l’avenir dira si les cabinets juridiques sont prêts à accueillir des profils hors normes.