Ralentir l'IA par sécurité, ou s'entendre entre concurrents?

Ralentir l'IA par sécurité, ou s'entendre entre concurrents?

Thomas Vernier

2026-09-22 07:00:55

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Quatre abonnés poursuivent Anthropic, OpenAI, SpaceXAI et Google. Ils voient une entente illégale dans l'appel à ralentir le développement de l'IA.


Dario Amodei, Sam Altman, Elon Musk, Demis Hassabis - source (Wikipedia)

Une action antitrust a été déposée vendredi devant la Cour de district des États-Unis pour le district nord de la Californie contre quatre des principaux développeurs d'intelligence artificielle : Anthropic, OpenAI, SpaceXAI et Google.

Les quatre demandeurs sont abonnés payants de ChatGPT, Claude, Grok ou Gemini. Ils proposent une action collective à l'échelle nationale.

L'élément déclencheur date du 12 septembre. Ce jour-là, le PDG d'Anthropic, Dario Amodei, a publié un essai appelant l'industrie à coopérer pour ralentir les avancées au nom de la sécurité. Le même jour, Sam Altman (OpenAI), Elon Musk (SpaceXAI, le nouveau nom de xAI depuis son rapprochement avec SpaceX) et Demis Hassabis (Google DeepMind) ont publiquement répondu en y adhérant.

Pour les demandeurs, s'entendre pour que le développement soit plus lent que ce que produirait la concurrence a, par définition, un effet anticoncurrentiel : les abonnés paient pour moins que ce que le marché leur aurait donné. Ils invoquent une déclaration de hauts employés, en juillet, reconnaissant une « intense pression concurrentielle à ne pas ralentir unilatéralement ». (traduction libre)


La question de l'exemption était déjà sur la table. Dario Amodei avait suggéré que le gouvernement accorde une dispense étroite pour certains types de discussions sur la sécurité. Sam Altman avait répondu qu'OpenAI appuyait un cadre fédéral, mais que l'entreprise ne croyait pas devoir « attendre une exemption antitrust ou une loi » pour aller de l'avant.

L'avocat principal des demandeurs, Nick Rowley, présente le recours comme une affaire de sécurité publique autant que de concurrence : selon lui, l'IA risque d'échapper au contrôle humain si sa sécurité est laissée à des ententes privées entre les entreprises technologiques les plus puissantes du monde.

Aucune des quatre sociétés n'avait répondu aux demandes de commentaires de l'Associated Press. Aucune allégation n'a été jugée.

La tension n'est pas propre au droit américain. Au Canada, l'article 45 de la Loi sur la concurrence criminalise les ententes entre concurrents visant notamment à restreindre la production ou l'offre d'un produit — un article récemment élargi aux ententes entre employeurs, passibles de 14 ans d'emprisonnement. Et aucune loi n'y encadre spécifiquement l'IA depuis la mort du projet de loi C-27.

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