Thomson Reuters entraîne sa propre IA juridique
Thomas Vernier
2026-10-09 07:00:18
L'éditeur de Westlaw ne veut plus dépendre uniquement des modèles des géants de l'IA. Coût et souveraineté des données : ses dirigeants s'expliquent.

Thomson Reuters a entraîné son propre grand modèle de langage, baptisé Thomson, sur ses contenus juridiques, dont Westlaw, Practical Law et Checkpoint. Deux de ses dirigeants en exposent les raisons dans un entretien publié par Canadian Lawyer.
La première est le coût. « Utiliser les modèles de pointe les plus récents est le raccourci pour obtenir de bonnes performances, mais ils coûtent très cher », dit David Wong, chef des produits de l'entreprise. (traduction libre)
La seconde est la souveraineté des données : des cabinets veulent garder la main sur l'infrastructure qui traite les informations de leurs clients.
À livre fermé
Alexander Kardos-Nyheim, qui codirige la recherche fondamentale en apprentissage automatique, compare l'entraînement spécialisé à un examen à livre fermé, et la simple consultation de sources par un modèle généraliste, à un examen à livre ouvert. Il a rejoint Thomson Reuters lors de l'acquisition de Safe Sign Technologies, en 2024.

Ces résultats viennent de Thomson Reuters. L'article ne cite aucune évaluation indépendante.
Un modèle parmi d'autres
L'entreprise n'abandonne pas pour autant les modèles des autres fournisseurs : elle dit choisir le plus adapté à chaque tâche. Le premier déploiement de Thomson se fait dans CoCounsel, avec une fonction d'analyse tabulaire qui extrait des réponses structurées de milliers de documents.
La disponibilité au Canada n'est pas précisée. Thomson Reuters, dont le siège est à Toronto, lance généralement ses produits aux États-Unis d'abord.
Pour les cabinets et les services juridiques, la démarche pose les questions à régler avant d'acheter ou de bâtir : la qualité des sources, l'endroit où transitent les données, les mécanismes de vérification et le coût total.
Car l'outil ne décharge personne. Les avocats devront toujours assumer la réponse, prévient Alexander Kardos-Nyheim. Au Québec, les juges de la Cour supérieure qui ont testé des assistants d'IA n'avaient d'ailleurs pas le droit de leur confier la rédaction de jugements. Thomson Reuters sondait déjà la profession en 2023 : les avocats canadiens s'y montraient plus optimistes que leurs voisins.
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