Étudiant meurtrier : McGill lance un examen

Étudiant meurtrier : McGill lance un examen

Thomas Vernier

2026-10-19 10:15:56

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Quelques heures après avoir invoqué la vie privée, McGill annonce un examen et dit avoir agi « de façon mesurée et décisive ».


Jeffrey George Ewert - source : The Province

L'Université McGill a lancé un examen après la controverse entourant la présence d'un condamné à perpétuité en semi-liberté parmi les étudiants de sa Faculté de droit, rapporte The Montreal Gazette.

« La question fait l'objet d'un examen attentif par les autorités compétentes de l'université », a écrit vendredi la provost et vice-rectrice principale aux études, Angela Campbell, dans un message à la communauté (traduction libre). McGill a aussi communiqué avec les organismes gouvernementaux chargés de surveiller les personnes en liberté sous condition, et « un processus juste, qui tient compte des droits et des intérêts de toutes les personnes concernées, est en cours », ajoute-t-elle.

Le matin même, CBC révélait que Jeffrey George Ewert, condamné pour un meurtre et une tentative de meurtre commis en Colombie-Britannique en 1984, suivait des cours de droit à McGill depuis août. Des étudiantes reprochaient à l'université de ne pas les avoir informées. McGill invoquait alors les lois sur la protection des renseignements personnels et refusait de commenter le cas.

Angela Campbell - source : Université McGill
« Une condamnation n'empêche pas, à elle seule, d'étudier ici »

Angela Campbell affirme maintenant que l'université a pris des mesures « mesurées et décisives » au début du mois, lorsqu'elle a appris des informations susceptibles de compromettre un environnement d'apprentissage sûr. L'étudiant n'est plus sur le campus depuis le début d'octobre, selon l'université.

La provost défend toutefois le principe de la seconde chance. « Notre université croit en la réhabilitation et au pouvoir de l'éducation de transformer des vies. Une condamnation passée n'empêche pas, à elle seule, qui que ce soit d'étudier ici », écrit-elle, tout en soulignant le « devoir de diligence » de l'université envers toute sa communauté.

Elle dit comprendre que certains auraient voulu être informés plus tôt, mais rappelle que les lois sur la vie privée limitent ce que l'université peut divulguer sur ses étudiants. McGill revoit la façon de repérer ce genre de situation et d'y réagir.


La doyenne appelle à la retenue

Tina Piper - source : Université McGill

Dans un message distinct aux étudiants en droit, la doyenne Tina Piper leur demande de s'abstenir de spéculer et de diffuser des renseignements personnels sur les personnes concernées.

« Cette situation n'est pas sans rappeler celles que vous pourriez rencontrer dans votre future carrière juridique, et c'est le bon moment pour vous exercer à la façon dont vous voulez vous comporter dans le monde », écrit-elle. « La façon dont nous en parlons compte pour le type de faculté de droit et de profession que nous voulons être. »

La question de l'accès à la profession reste entière : un diplôme en droit n'ouvre pas automatiquement les portes du Barreau, qui évalue la conduite des candidats, comme l'a rappelé une décision du Tribunal des professions en 2025.

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