Action collective contre trois firmes de crédit

Action collective contre trois firmes de crédit
Didier Bert

Didier Bert

2026-11-02 10:15:09

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L'Union des Consommateurs lance une action collective contre Alterfina, Easyfinancière et Fairstone, les accusant de pratiquer des taux d'intérêt exagérés. Qui sont les avocats?


Bruno Grenier (source : LinkedIn) et Cory Verbauwhede (source : SRC)

C'est la deuxième action collective qui est lancée contre la firme de crédit Alterfina.

Après avoir reçu une première demande, la Cour supérieure devra se pencher sur la demande d'autorisation d'une action collective déposée par l'Union des Consommateurs, qui vise également Easyfinancière et Fairstone.

La personne désignée dans l'action collective est Nadine Victorin, qui est membre individuelle de l'association de consommateurs.

La demanderesse est représentée par Me Bruno Grenier et Me Cory Verbauwhede du cabinet Grenier Verbauwhede Avocats.

Le 22 juillet 2025, Nadine Victorin obtient un prêt de 1 000 $ auprès de Creditmatik/Alterfina, au taux annoncé de 18,99 %.

Cependant, des frais d'adhésion hebdomadaires de 24,20 $ ont été prélevés, sans avoir été mentionnés dans le contrat, ni par l’agent.

Avec l’aide d’un actuaire, l’Union des Consommateurs a calculé que le taux réel s'établit à 113,48 %.

Or, l’Office de la protection du consommateur (OPC) considère qu'un taux d'intérêt dépassant 35 % est abusif.

Le 10 octobre 2025, Mme Victorin obtient un deuxième prêt de 400 $, et un troisième de 450 $ le 16 décembre 2025. Or, elle n'a jamais demandé ce dernier prêt.

Entre le 8 août 2025 et le 6 mars 2026, elle effectue des paiements qui totalisent 2 295,84 $. Le solde s'établit alors à 442,63 $.

Le 23 février 2026, un courriel d’Alterfina lui annonce une hausse des frais. La consommatrice contacte alors l'OPC.

« Madame Victorin n’aurait pas contracté le prêt si ces frais lui avaient été divulgués. L’incompréhension entourant les sommes réclamées, de même que le caractère abusif et lésionnaire des obligations qui lui ont été imposées, lui a causé une détresse psychologique importante », souligne la demande d’action collective.

La poursuite rappelle que le dirigeant d’Alterfina a été condamné en 2023 pour 12 chefs d'accusation relatifs à la Loi sur la protection du consommateur. L'entreprise avait plaidé coupable en 2022, pour des taux réels qui allaient de 157 % à 228 %, alors qu'elle annonçait un taux de 29 %.


Après la condamnation, l'entreprise a continué à ajouter des frais d'adhésion hebdomadaires, qui étaient présentés comme un programme de rabais résiliables, alors qu'en réalité il est obligatoire.

De son côté, la firme Easyfinancière (Easyfinancial Services) affiche un taux de 47,83 % dans un contrat, sans compter des services présentés comme facultatifs, mais ajoutés sans consentement. Un prêt de 10 000 $ revient à coûter 37 024,52 dollars, ce qui correspond à un taux de 56,90 %.

Chez Fairstone, le taux affiché est de 34,99 %, mais il est en réalité de 50,82 %. pour un prêt de 7 500 $, avec des services facultatifs qui sont imposés. De plus, la firme calcule mal le ratio d’endettement, et elle impose le refinancement du solde existant, qui est plus coûteux.

Frais cachés sur des clients vulnérables

L’Union des Consommateurs reproche aux trois firmes de crédit d'appliquer des frais obligatoires cachés ou exclus du taux divulgué, en ciblant une clientèle vulnérable.

« Les défenderesses bafouent les droits des consommateurs les plus vulnérables. En effet, selon un article de Radio-Canada, « en 2024 et 2025, près de 7 500 Québécois en situation de faillite ou de proposition de consommateur détenaient un prêt chez Alterfina ou Créditmatik. C’est 10 % de tous les dossiers d’insolvabilité du Québec », rapporte la demande d’action collective.

Les sites respectifs des défenderesses mentionnent que les prêts sont accordés sans enquête de crédit ou sans incidence sur le dossier de crédit, ajoute la poursuite.

La poursuite allègue que ces pratiques contreviennent à la Loi sur la protection du consommateur (LPC)

Le groupe proposé dans l'action collective est composé de « toutes les personnes physiques qui, au Québec, ont conclu à des fins personnelles, depuis le 2 octobre 2023, un contrat de crédit avec l’une des trois défenderesses, lorsque les sommes à verser, comparées au montant net effectivement remis et annualisées selon l’échéancier, correspondent à un taux de crédit de plus de 35 % par année ».

L’Union des Consommateurs estime que le groupe compte au minimum des dizaines de milliers de membres, dont plusieurs sont vulnérables et ont de petites réclamations individuelles.

La demande d'action collective réclame la suppression des frais de crédit des contrats fautifs et la restitution de ceux déjà payés, subsidiairement l'annulation des clauses abusives ou la réduction des obligations lésionnaires.

Elle entend également que les défenderesses versent des dommages-intérêts compensatoires, pécuniaires et moraux, des dommages punitifs de 100 $ par contrat. Elle demande aussi la suppression de toute information de défaut liée aux prêts visés, dans les dossiers de crédit des membres du groupe.

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