Clio unifie sa plateforme, mise sur l'IA agentique et rachète Page
Interface unique, assistant d'IA, appels enregistrés et transcrits : les annonces de Clio promettent des gains, mais soulèvent des questions de secret professionnel.

Clio veut devenir le seul écran de l'avocat. À sa conférence annuelle ClioCon, tenue à Boston, le PDG et fondateur Jack Newton a annoncé le 26 octobre la fusion de Clio Grow, Clio Manage et Clio Work en une seule interface, rapportent LawSites et l'ABA Journal.
L'accueil des clients, la gestion des dossiers, la recherche, la rédaction, la facturation et les paiements seront accessibles avec une seule connexion. Le déploiement doit commencer en novembre. L'entreprise de Vancouver en a profité pour dévoiler un nouveau logo, une première en 18 ans.
Clio Work, son produit de travail juridique propulsé par l'IA, compte 10 000 cabinets utilisateurs, selon l'entreprise.
Un assistant partout
La nouvelle plateforme intègre un assistant d'IA accessible de partout, qui puise dans les dossiers, documents, communications, échéances et données de facturation auxquels l'utilisateur a accès. Exemples donnés : transformer les engagements de la semaine en tâches, ou vérifier les conflits d'intérêts d'un nouveau client potentiel.
Clio lance aussi des flux de travail « agentiques ». Le cabinet décrit un processus en langage courant, et la plateforme en construit les étapes, avec des points d'approbation par un avocat. Par exemple : à la réception de dossiers médicaux, l'IA les lit, établit une chronologie, signale les lacunes et soumet le tout à un avocat.
Jack Newton promet « une plateforme qui peut réellement faire le travail elle-même et diriger votre cabinet à vos côtés » (traduction libre).
Des appels enregistrés
Autre nouveauté : Clio Phones, un système téléphonique intégré. Lorsque l'enregistrement est activé, les appels sont transcrits et résumés, les suivis deviennent des tâches et une entrée de temps est préparée. La plateforme pourra aussi enregistrer, transcrire et résumer les rencontres en personne avec les clients.
« C'est comme avoir un chef de cabinet présent à chacun de vos appels », a lancé Jack Newton, cité par l'ABA Journal.
Pour les avocats québécois, ces fonctions soulèvent des questions bien concrètes : où sont stockés les enregistrements et les transcriptions? Qui y a accès? Le client a-t-il consenti? Des questions qui rejoignent les mises en garde sur les assistants d'IA en réunion et le secret professionnel, et le guide du Barreau du Québec sur l'usage de l'IA.
Ces outils ne débarqueront toutefois pas tous ici tout de suite. Clio Phones est pour l'instant à l'essai dans certains États américains, et la rédaction dans Clio Work est offerte aux clients américains.
Encore une acquisition
Clio a enfin annoncé le rachat de Page, une plateforme d'IA de veille législative et réglementaire capable de suivre en direct les audiences de comités. Sa technologie sera intégrée à Vincent, l'outil de recherche juridique de Clio, au cours des prochains mois. Le prix n'a pas été divulgué.
Page s'ajoute à une série d'acquisitions, dont Learned Hand, une IA destinée aux juges et aux tribunaux, le mois dernier, et surtout vLex, achetée 1 milliard $ US en 2025.
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