Le Journal de Mourréal réclame 500 000 $ à Québecor
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Delphine Jung
2017-02-09 14:15:00

La requête a été faite le 3 février et réclame à Média QMI 125 000 $ de dommages-intérêts, ainsi que 375 000 $ à titre de dommages exemplaires.
« Exemplaires car il y a une atteinte illicite et intentionnelle aux droits garantis par la Charte des droits et liberté », dit Christian Lajoie, avocat du journal satirique.
Cette demande reconventionnelle répond en quelque sorte à la demande d’injonction que Média QMI avait faite contre l'éditeur Janick Murray-Hall en juillet dernier.
Estimant que « les noms Le Journal de Montréal et Le Journal de Mourréal se confondent facilement » pour un « consommateur ordinaire plutôt pressé, en raison du graphisme semblable et des ressemblances visuelles et phonétiques », Média QMI avait alors demandé la fermeture du site parodique et exigeait les profits qu’aurait réalisé le distributeur.
Le géant médiatique avait même déposé une plainte auprès du Centre d’arbitrage et de médiation de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), basée à Genève, en Suisse.
La Commission avait déterminé que le nom « prête à confusion », mais avait décidé de ne pas se prononcer, car le dossier était aussi présenté à la Cour supérieure du Québec.
Pas la tête à Papineau
Après avoir annoncé qu’il jetait l’éponge, ne pouvant plus payer les frais d’avocat, le Journal de Mourréal est rapidement reparti au combat grâce entre autre à l’humoriste Mike Ward, qui a réussi à récolter 20 000 $ lors d’un spectacle bénéfice.
« Nous faisons aussi beaucoup de pro-bono », a ajouté Me Lajoie, qui rappelle qu’« il ne faut pas avoir la tête à Papineau pour voir la différence entre les deux publications ». Sur la page Facebook du Journal de Montréal, les lecteurs font visiblement la différence, selon lui, dans leurs commentaires laissés sur cette question.
Quant à savoir quelle est la crédibilité des commentaires laissés sur un réseau social, Me Lajoie répond : « C’est QMI qui les a évoqués en premier lieu, nous ne faisons que retourner cet argument contre eux ».
Dans le document remis par la défense, Me Lavoie stipule également que « le défendeur, en utilisant la parodie, a usé de son droit fondamental qu’est la liberté d’expression » et évoque une tentative de « bâillonnage de la part des oligopoles commerciaux ».
Enfin, la défense pointe le « déséquilibre financier » des parties.
De son côté, l’avocat de Media QMI, Me Marek Nitoslawski a refusé de commenter ce dossier.