Obama dans la Harvard Law Review
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Jean-Francois Parent
2017-01-25 07:00:00
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Il répondait ainsi à l’invitation du comité éditorial, qui lui passé la commande d’un article sur les responsabilités et les pouvoirs d’un président en matière de justice criminelle.
« On ne peut plus se permettre de dépenser quelque 80 milliards $ par année dans les prisons, de libérer 600 000 détenus chaque année sans aucune forme de soutien, ou encore de nier l’humanité des 2,2 millions de prisonniers », écrit-il d’entrée de jeu dans ce qui est à la fois une charge à fond de train contre les ratés du système actuel—il sont nombreux—et une énumération « autocongratulatoire » de son bilan législatif.
De vastes chantiers
Les mécanismes préservant l’indépendance entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire sont rigoureux, Barack Obama se targue néamoins d’avoir réalisé de vastes chantiers, notamment au chapitre des guides sentenciels. « Mon administration a ainsi réduit l’utilisation de peines excessives », écrit-il, en abolissant notamment la règle exigeant des procureurs de la couronne qu’ils obtiennent la peine la plus sévère possible.
Son ministre de la Justice Eric Holder a ainsi revu les règles, annulant l’imposition de peines minimum trop sévères pour les crimes sans envergure, non-violents. On se consacre davantage sur les crimes sérieux.
Son administration a déposé le Federal Sentencing Act, qui a éliminé les peines minimales de cinq ans pour un accusation relative à la possession de stupéfiants, éliminant de facto la politique nationale de la guerre à la drogue. « Je serai ainsi le premier président depuis des décennies qui quittera son poste en affichant une diminution de la population carcérale », affirme Barack Obama.
Revoir les approches
Énumérant plusieurs autres initiatives –réformes carcérales, programmes de réhabilitation, législations diverses sur l’employabilité des ex-détenus, etc.—, Barack Obama jette les bases de son intention réelle : inciter les pouvoirs locaux à travers le pays, tant les villes que les états, à revoir eux aussi leur approche pure et dure envers la commission d’infractions criminelles.
« La façon dont nous traitons ceux qui ont commis des erreurs, en leur donnant le pouvoir de s’amender, est une mesure de nos valeurs de justice, d’équité et d’égalité », conclut Barack Obama.