Procès de Gilbert Rozon : la défense attaque la crédibilité de la plaignante
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2020-11-06 16:28:00
Selon les avocats de Gilbert Rozon qui ont plaidé devant la juge Mélanie Hébert, de la Cour du Québec, le témoignage de la présumée victime de Gilbert Rozon ne tient pas la route.
Selon Me Isabel Schurman et Me Pierre Poupart, qui défendent l'homme d'affaires, l'impossibilité pour la plaignante de se rappeler les paroles échangées, de pouvoir dire comment Gilbert Rozon était habillé le soir des faits ou encore l'existence de contradictions entre ce qu'elle a affirmé aux policiers et ce qu'elle a raconté devant la Cour, laissent planer des doutes importants sur la cohérence de son récit.
La défense allègue qu’il serait par conséquent « dangereux » de condamner leur client sur la base d’un tel témoignage.
L'homme d'affaires montréalais de 65 ans nie en bloc les allégations de la victime voulant qu'il l'ait agressé sexuellement au début des années 1980 dans une maison des Laurentides, lorsqu'il avait 25 ans. Gilbert Rozon doit répondre à des accusations de viol et d'attentat à la pudeur dans cette affaire.
Le procureur de la Couronne, Me Bruno Ménard, doit présenter sa plaidoirie à la juge Hébert après celle de ses collègues de la défense.
L'accusation
Selon la plaignante, qui a livré sa version des faits au premier jour du procès, le 13 octobre dernier, tout a commencé par un rendez-vous galant auquel l'avait convié l'accusé.
À l'époque, la femme, dont l'identité est protégée par une ordonnance de non-publication, avait 20 ans.
Après un certain temps passé dans une discothèque, l'accusé lui aurait offert « de faire du ''necking'' », c'est-à-dire de l'embrasser, dans sa voiture, selon la femme qui dit avoir refusé.
En chemin pour la reconduire chez elle, Rozon se serait arrêté à la maison de sa secrétaire prétendument pour aller chercher des documents. À l'intérieur, la femme a raconté que Gilbert Rozon s'est jeté sur elle pour l'embrasser, en lui mettant la main sur le décolleté et qu'il a ensuite tenté de lui retirer ses sous-vêtements.
La plaignante affirme s'être débattue et l'avoir repoussé pour qu'il cesse. Disant n'avoir pas d'autres options pour rentrer chez elle, et jugeant qu'il avait bien compris son refus, elle a passé la nuit sur place, seule, dans une chambre.
Au petit matin, elle affirme s'être réveillée parce que Gilbert Rozon était sur elle, déterminé à avoir une relation sexuelle. Elle ne voulait pas, selon son témoignage, insistant sur le fait qu'il n'y ait pas eu de consentement.
Une toute autre version
L'accusé a quant à lui offert une autre version : il soutient qu'il n'y a pas eu de proposition « de ''necking'' » dans sa voiture, et qu'il a invité la jeune femme à prendre un dernier verre dans une maison louée par une de ses employées, et à laquelle il avait accès.
Après l'avoir caressée et embrassée, il dit avoir mis sa main sous sa jupe, mais avoir tout arrêté quand elle s'est raidie et lui a dit : « Non ». Il affirme être allé se coucher et s'être réveillé en voyant la plaignante à califourchon sur lui en train de « se faire l'amour sur lui ».
Le procès a duré à peine plus de deux jours. Seulement trois personnes ont témoigné : la plaignante, l'accusé et une collègue de travail de la plaignante au moment où tout cela s'est déroulé.
Comme tous les accusés, Gilbert Rozon est présumé innocent jusqu'à preuve du contraire.
Comité d'accueil
À son arrivée au palais de justice de Montréal, en matinée, Gilbert Rozon a été accueilli par les huées de manifestants du collectif Wake up calice, qui scandaient notamment « Rozon, en prison !».
Pour rentrer dans la salle de cour, le fondateur de Juste pour Rire, a ensuite dû franchir une colonne de femmes, positionnées de deux côtés du corridor, portant des masques « MeToo », et qui l'ont dévisagé alors qu'il se rendait à son procès criminel.
Le collectif est venu soutenir la plaignante, mais aussi les femmes qui accusent l'ex-producteur d'agressions sexuelles, selon les explications de sa porte-parole, l'humoriste Coralie LaPerriere.
« C'est important pour nous d'être là et de montrer notre appui aux survivantes de Gilbert Rozon, mais également à toutes les survivantes d'agressions sexuelles et conjugales. » - Coralie LaPerriere, collectif Wake up calice
Le groupe réclame des réformes judiciaires afin de mieux accompagner les victimes.
Gabriel Mainville
il y a 4 ansEn gros, je suis contre le lynchage et peu importe la gravité du crime. Les gens ont le droit d'être défendus et entendus sans excuser l'acte disgracieux d'un individu.
Anonyme
il y a 4 ans« Lâche-moi, grosse crisse de guédaille, ça va faire ! Je travaille. Tu me déranges. »
Ce sont des mots qui résonnent rarement dans une contre-preuve de réputation !
http://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-faits-divers/2020-11-09/proces-d-eric-salvail/il-a-depasse-la-ligne-affirme-un-temoin.php
Pirlouit
il y a 4 ansQuelqu'un est capable d'entendre ce que les manifestantes crient ?
P.-S.: Pire code à écrire, les lettres sont même cachées parfois ..