Hackathon du CAIJ : trois prototypes d'IA pour bâtir une argumentation
Chronologie des pièces, plan d'argumentation, avocat adverse virtuel : les équipes gagnantes misent sur l'IA, mais laissent la décision au juriste.

Centraliser les pièces et la chronologie d'un dossier, bâtir un plan d'argumentation, tester ses arguments contre un adversaire simulé par l'IA. Ce sont les trois prototypes primés au deuxième hackathon du Centre d'accès à l'information juridique (CAIJ), dont l'organisme a publié le bilan le 28 octobre.
Tenu le 16 octobre à Montréal, l'événement proposait deux défis : bâtir une argumentation juridique avec l'IA, et construire et améliorer des modèles avec l'IA. Des mentors juridiques et techniques accompagnaient les équipes.
« La première édition était en quelque sorte un projet pilote essentiel », rappelle la directrice générale du CAIJ, Karine Mac Allister.
Les trois gagnants
La première place revient à une plateforme intégrée de préparation de dossier. Elle centralise les pièces, une chronologie des faits, la recherche, les autorités retenues et les ébauches. Sa chronologie, liée aux pièces, signale les contradictions. L'outil caviarde les renseignements personnels et confidentiels, et bloque l'exportation tant que les références n'ont pas été validées.
En deuxième place, JuriPlan guide l'avocat en six étapes, de l'importation du dossier jusqu'à l'anticipation des arguments adverses. Chaque suggestion de l'IA doit être validée par le juriste, qui obtient un plan d'argumentation complet et modifiable.

Les trois prototypes s'appuient sur le Compagnon du CAIJ, l'assistant de recherche de l'organisme, et exportent leurs résultats en Word, en PDF ou en Excel.
La confiance, critère de sélection
Les projets étaient évalués selon cinq critères, dont « confiance, risque et responsabilité ». Le jury réunissait notamment des représentants du CAIJ, de la Chambre des notaires, du Barreau du Québec, du Barreau de Montréal et de la Cour du Québec.
L'enjeu, résume Nicolas Garneau, responsable de l'IA et de la recherche et développement au CAIJ : « Comment mettre la technologie au service du juriste, de façon responsable ».
Des garde-fous qui répondent à des inquiétudes bien réelles. La juge en chef de la Cour supérieure s'alarmait cet été de la multiplication des fausses citations générées par l'IA, et la Cour d'appel a déjà condamné un justiciable à payer 1000 $ pour en avoir invoqué.
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