Plus d'un jeune avocat sur deux utilise l'IA régulièrement au travail
Un sondage auprès de 409 diplômés canadiens de 2022 dresse le premier portrait chiffré de l'adoption de l'IA par la relève — qui devance ses collègues américains.

Plus de la moitié (54 %) des avocats canadiens diplômés en 2022 utilisent l'intelligence artificielle comme partie essentielle de leur travail quotidien ou régulièrement pour des tâches précises, révèle un sondage de la National Association for Law Placement (NALP) et de la NALP Foundation, rapporte Canadian Lawyer.
À l'inverse, 30 % des répondants ont accès à des outils d'IA mais s'en servent rarement, et 16 % ne les utilisent pas du tout dans leurs fonctions actuelles.
Le coup de sonde, mené de novembre 2025 à janvier 2026 auprès de 409 avocats diplômés de 14 facultés de droit canadiennes, s'inscrit dans l'étude annuelle des deux organismes sur l'emploi et la satisfaction des jeunes diplômés.
C'est la première fois que des questions sur l'IA y figurent. « Avec la prévalence croissante de l'IA dans la profession juridique, nous avons conclu qu'il était important de sonder ces récents diplômés sur leur utilisation actuelle de l'IA dans leur pratique, et sur leur préparation à l'IA pendant leurs études », explique Fiona Trevelyan, présidente-directrice générale de la NALP Foundation (traduction libre, comme les autres citations de ce texte).
En cabinet, les usages dominants sont la compilation et la synthèse de renseignements (57 %), la recherche juridique (54 %) et la rédaction de documents (41 %) — un partage des tâches qui rejoint ce que décrivent les grands cabinets d'ici en pleine adoption de plateformes d'IA.
Contraste frappant : 97 % des répondants n'utilisaient pas d'outils d'IA pendant leurs études — ces diplômés de 2022 ont terminé leur parcours quelques mois avant le lancement de ChatGPT. En quatre ans à peine, l'IA est devenue un levier de carrière pour toute une génération de juristes.
Devant les Américains — mais moins satisfaits
La comparaison avec l'étude jumelle menée auprès des diplômés américains de 2022, publiée en juillet, réserve quelques surprises. Les Canadiens utilisent l'IA « fréquemment » ou « occasionnellement » à un taux plus élevé (54 %) que leurs homologues américains (48 %).
Ils sont toutefois moins nombreux à se dire « extrêmement satisfaits » de leur poste actuel : 39 %, contre 51 % au sud de la frontière. En revanche, les diplômés canadiens « montrent un peu plus de stabilité », note Mme Trevelyan : 53 % ont occupé deux postes ou plus depuis la fin de leurs études, contre 63 % des Américains.
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