Bébé Barbaresco, prise deux

David Santerre
2013-02-15 16:00:00

Mais certains d’entre vous y ont cru que je voulais dire que le petit avait la stature du grand et m’ont indiqué avoir été déçus d’avoir dégusté ce vin qui leur a paru un peu mince.
D’abord, il faut dire que le fait pour un vin d’être délicat, léger et facile à boire n’est pas un défaut, loin de là, et surtout pas un signe d’une qualité moyenne. Il n’y a pas qu’un style de Langhe comme il n’y a pas qu’un style de Barolo, de Pauillac ou de Bourgogne.
Heureusement, car si tous les vins d’une appellation étaient bâtis sur la même charpente, la dégustation serait ennuyeuse et sans surprise.
Mais je récidive tout de même avec un autre «bébé Barbaresco» cette semaine, et celui-là plaira probablement à ceux qui auraient aimé trouver plus d’épaisseur dans le précédent.
Même appellation Langhe, même millésime 2010, même jeunes vignes du même cépage nebbiolo.
Cette fois, la maison est La Spinetta. Bien plus jeune que l’autre puisque née en 1977 et présente dans l’appellation Barbaresco depuis 1995 seulement, après moult efforts pour arriver à y dénicher une parcelle.
Les vins de la Spinetta sont plus massifs, plus difficiles à dompter, à l’image de ce rhinocéros qui, curieusement, décore les bouteilles de la maison.
Au nez ce Langhe s’exprime par le fruit. Compote de fraises fraîchement cueillies, prunes. Un petit côté torréfié.
La bouche est plus dense. Puissante et tannique. On est sur le fruit noir, la réglisse, les herbes, le tabac. Un boisé serré. Une acidité qui ressort en finale.
Un brin lourd, mais un vin que je laisserais sans trop hésiter dans la cave deux ou trois ans afin de l’assagir. Si vous le buvez maintenant, carafez-le.
Il accompagnera des plats relevés, osso bucco, un magret de canard ou des pâtes à la saucisse italienne épicée.
La Spinetta, LangheNebbiolo 2010, Code SAQ : 11337979, 29,95$