Vieux monde, Nouveau monde

David Santerre
2013-02-01 14:15:00

Par négoce, on entend que la maison ne possède pas de vigne. Le coût d’acquisition d’un hectare de vigne en Bourgogne est prohibitif. On travaille plutôt avec de petits vignerons desquels ont achète le raisin de toutes petites parcelles minutieusement choisie. Toujours des vieilles vignes, cultivées en lutte raisonnée. C’est à dire travaillée proprement, mais sans mettre au rancart certains produits de synthèse pour empêcher la maladie des plants.
Chez Potel, on ne cherche pas la vigne bio à tout prix, car on considère qu’étant donné le climat bourguignon, il y a peu de vigne bio en bon état dans la région. Des propos qui feraient dresser les cheveux sur la tête de bien des tenants de l’avis inverse. Comme quoi ce débat ne sera jamais réglé…
Mais venons-en au vin de la semaine, de chez Potel évidemment.
Ce Beaune premier cru Les Bressandes 2010 dégage au nez des arômes de cerises rouges et de bleuets bien murs, plus subtilement de vanille, et étrangement un petit côté crème fraîche qui ne déplaît pas.
La bouche est longue, complexe, élégante. Et charnue, pour un vin de Beaune. On demeure sur les mêmes arômes de fruits, tonifiées par des notes épicées et une minéralité, un côté crayeux, bien perceptible. Les tannins signalent bien leur présence, avec autorité et finesse à la fois.
J’ai aussi eu la chance de goûter le 2009, mais 2010 m’a paru plus charmeur et ouvert, même s’il ne dédaignera pas de passer quelques années dans votre cave !
À déguster sur une macreuse braisée, un bon poulet rôti, ou seul, avec une musique classique, en méditant sur une épineuse cause à venir ! Stimulation assurée !
Nicolas Potel, Beaune, premier cru Les Bressandes, 2010, Code SAQ : 00725929, 39$
Traversons une bonne partie du globe pour nous arrêter dans le nord de la Californie, chez Benziger, une maison qui cultive son raisin selon les principes de la biodynamie, une pratique qui croît mais demeure encore peu répandue dans les Amériques.

Mais en bouche, heureusement, une touche de fraîcheur l’allège un peu. Du fruit, du fruit, et encore du fruit. Une touche d’épices. Des tanins bien soutenus. C’est gourmand, chaleureux, charmeur, un brin racoleur. Trop au goût des adeptes de vins délicats, mais parfait pour les nombreux amateurs de bonnes syrahs bien joufflues.
Découverte intéressante, n’ayant pas fini la bouteille le premier jour, j’y suis revenu 48 heures après son ouverture. J’ai alors trouvé le vin moins ankylosé, et des notes de café noir, de réglisse et d’épices semblaient s’exprimer avec plus d’autorité qu’à l’ouverture.
Ce vin est donc sujet à un bon passage en carafe avant sa dégustation, de préférence avec des viandes bien relevées et nappées d’une sauce aux fruits noirs.
Benziger, NorthCoast syrah, Californie 2007, Code SAQ : 11098015, 21,55 $