Opération séduction à Mc Gill

Natacha Mignon
2010-02-19 11:15:00
Pour Martine Guimond, l’objectif est clair : faire découvrir son bureau aux étudiants. Même si elle a maintenant lu tous les CV des courseurs 2010, elle n’est pas là pour faire des entrevues, ni tenter de reconnaître ceux qui ont postulé.
Les avocats qui l’accompagnent sont soit membres du comité de recrutement, soit venus volontairement. « Je viens parce que c’est sympathique de se retrouver dans une ambiance étudiante et parce j’aurais aimé que des professionnels répondent à mes questions quand j’étais étudiant », dit Rafal Wrzesien, avocat.

A manger et à boire
Évidemment, c’est la coutume, c’est Gowlings qui paye la soirée. Le bureau a misé sur la simplicité, un choix de vin rouge ou blanc et des petits fours du restaurant DECCA 77. (Parenthèse gastronomique : tartare de cerf, oui ; fois gras compotée d’oignons oui ; shooter de pétoncle : non !).
En prime, les étudiants ont droit à une bricole aux couleurs du bureau, une pochette de cellulaire. Un étudiant sourit. « Je ne la prends pas, ce n’est pas qu’elle n’est pas belle, mais j’en ai déjà reçu je ne sais pas combien cette année », dit-il.
Tant pis pour lui, il n’aura rien d’autre ! Ce n’est pas la stratégie de Gowlings de couvrir les étudiants de cadeaux pendant la course aux stages.
« Il y a des bureaux qui mettent le paquet, qui investissent dans un DJ, qui décorent entièrement la salle, dit Alexandre Shee, président de l’association des étudiants en droit. Ce qui compte c’est qu’on ressente la touche personnelle du bureau. »

Du coté des étudiants
Déjà, ça rigole pas mal. Les étudiants portent jeans et baskets. On est loin d’un uniforme d’entretien. J’entends des bribes de conversations. Elles n’ont rien à voir avec l’évènement qui se joue. Un dissident me confie même, sous couvert d’anonymat, que le jeu serait d’éviter les représentants de cabinets. A tout le moins, beaucoup d’étudiants sont là comme tous les jeudis soirs, pour le 5 à 7 hebdomadaire, ravis de boire et manger à l’œil. D’autres sont des premières années venues sonder grossièrement les bureaux pour l’année prochaine.
Conclusion, parmi la foule, seuls quelques étudiants sont vraiment présents pour rencontrer le cabinet auprès duquel ils ont postulé et en profitent pour abonder les avocats de Gowlings de questions sur le bureau, sur sa présence nationale ou sur le déroulement de l’entretien.
C’est peut-être pour eux que ces rencontres existent.
D’ailleurs, au moment, où je m’égare à dire que ces 5 à 7 pré-course aux stages sont plus des passages obligés qu’utiles au processus de recrutement, Jonathan Roy, stagiaire chez Gowlings m’arrête.
« Pour choisir un cabinet, tu as besoin de voir si ça clique avec lui, dit-il. Moi, c’est en entretien que ça s’est passé. Pour d’autres, ça peut se passer ici ce soir. »

L'associé Luc Lissoir.
Crédit photos: ''Véronique Lewandowski''