Tête-à-tête avec une plaideuse chevronnée

Tête-à-tête avec une plaideuse chevronnée
Sonia Semere

Sonia Semere

2026-08-20 15:00:33

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Une Super plaideuse pose un regard éclairé sur l’art de plaider, l’évolution de la profession et le rôle essentiel du mentorat auprès de la relève…


Christine Carron - source : LLT Avocats

Après plus de 35 ans passés chez Norton Rose, Christine Carron tourne une nouvelle page de sa carrière. L’avocate-conseil vient de se joindre à LLT, un cabinet boutique spécialisé en litige, où elle entend notamment mettre sa vaste expérience au service de la relève.

Figure reconnue du litige commercial, corporatif et des actions collectives, elle a représenté au fil des ans de grandes institutions financières et des sociétés publiques dans des dossiers complexes. Son parcours l’a également menée à s’investir dans le droit de la vie privée, la gouvernance d’entreprise et, surtout, l’accès à la justice.

Cet engagement lui a valu plusieurs distinctions, dont le titre de Plaideuse de l’année en 2014 et le Prix Pro Bono Rajpattie-Persaud de l’Association du Barreau canadien.

On a discuté avec elle de son arrivée chez LLT, de son rôle de mentor et de l’évolution de la pratique du litige.

Qu’est-ce qui vous a amenée à entreprendre ce nouveau chapitre de votre carrière en rejoignant LLT Avocats?

Je connais Marc-André Landry depuis longtemps. Nous avons travaillé ensemble dans le cadre de plusieurs actions collectives, où nous représentions différentes parties et différents fonds de risque. J’ai toujours trouvé que nous avions la même approche du litige et la même vision stratégique.

À un moment donné, il m’a parlé de son projet de lancer son propre cabinet boutique de litige et m’a expliqué qu’il souhaitait notamment avoir au sein de son équipe des avocats plus seniors qui pourraient jouer un rôle de mentor auprès des plus jeunes et partager leur expertise dans certains domaines du droit.

J’ai été tentée par l’idée, d’autant plus que je connaissais Marc-André et que l’esprit d’équipe qu’il souhaitait instaurer était important pour moi. Il a finalement réussi à me convaincre de me joindre au cabinet et, maintenant que j’y suis, je m’y plais beaucoup. C’est une équipe dynamique qui croit réellement au travail collectif.

Justement, en quoi consiste votre rôle de mentor auprès des jeunes avocates et avocats?

C’est très varié. Je peux les conseiller sur la façon d’aborder un contre-interrogatoire ou un interrogatoire, les aider à résoudre un problème de procédure ou encore réviser des requêtes introductives d’instance ou des plaidoiries. Il peut aussi s’agir de questions très pointues liées à mon expertise, notamment en matière d’actions collectives ou dans les domaines bancaire et financier. C’est très diversifié, et c’est justement ce qui rend le rôle intéressant.


Vous avez passé une grande partie de votre carrière chez Norton Rose. Quels dossiers ou mandats ont contribué à façonner votre pratique?

J’ai eu la chance de travailler dans plusieurs domaines du droit, notamment en litige bancaire et financier, en droit de la concurrence et, évidemment, en actions collectives. J’ai aussi eu l’occasion de suivre l’évolution de la jurisprudence dans ce domaine, qui a beaucoup changé au fil des années, et de développer des façons de m’adapter à cette évolution.

Lorsque j’étais chez Norton Rose, qui s’appelait alors Ogilvy Renault, j’ai également eu le privilège de travailler avec de grands plaideurs comme Yves Fortier et le regretté Bernard Roy, qui ont été des mentors pour moi. Ils m’ont vraiment aidée à devenir une meilleure plaideuse.

Ils m’ont fait confiance et, en me faisant confiance, ils m’ont donné confiance en mes propres moyens. J’ai énormément appris à leurs côtés, notamment sur la façon de préparer un contre-interrogatoire et de prévoir les différentes étapes d’une cause.

Au fil des années, votre façon de plaider a-t-elle évolué? Êtes-vous devenue plus stratégique ou plus directe dans votre approche?

Ce que j’ai surtout appris avec l’expérience, c’est à m’adapter aux circonstances particulières de chaque cause et au juge devant lequel je plaide.

Il est important de tenir compte non seulement des particularités du dossier, mais aussi des sensibilités des parties, de l’environnement dans lequel le litige s’inscrit et, parfois, des enjeux de société qu’il soulève. En somme, il faut être flexible et souple dans son approche.

Quel regard portez-vous sur l’évolution du milieu juridique? La façon d’exercer la profession et la culture des cabinets ont-elles changé au fil des années?

Je trouve que LLT se démarque notamment par le bel équilibre qu’il offre entre le travail et la famille. Le cabinet accorde aussi une grande importance au travail d’équipe, ce qui n’est pas toujours le cas dans les plus grands cabinets. Et, en travaillant véritablement en équipe, on peut obtenir les meilleurs résultats pour les clients.

Il y a également une réelle volonté d’accompagner les jeunes avocats dans leur développement professionnel. Le format boutique, spécialisé en litige, favorise cette proximité et permet de miser davantage sur le partage des connaissances et le mentorat. Dans le contexte actuel, je trouve cette culture particulièrement valorisante.

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