Quels juristes seront élus ce soir?

Quels juristes seront élus ce soir?

Rene Lewandowski

2026-10-05 15:00:19

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Le PQ pourrait former le prochain gouvernement, mais ce sont les libéraux qui pourraient faire élire le plus de juristes. Voici nos favoris... et notre pari ministériel.

Ce soir, on ne comptera pas que des votes. On comptera aussi des juristes.

Qui passera de la pratique du droit à l'Assemblée nationale? Qui conservera son siège? Et lesquels de ces juristes pourraient recevoir un ministère?

Avant le verdict des électeurs, Droit-inc se mouille. Voici son pronostic pour le scrutin du 5 octobre.

Paul St-Pierre Plamondon et Marie-Claude Sarrazin - source : PQ

La méthode? L'exercice repose sur les 60 profils juridiques recensés pendant la campagne, que nous avons rapprochés du classement des circonscriptions publié par QC125 le 4 octobre.

Une précision s'impose. Notre sélection comprend des avocats, des anciens praticiens, des notaires et des personnes ayant étudié ou travaillé dans le domaine juridique. Elle ne constitue donc pas un décompte des seuls membres du Barreau.

Le PQ devant, les libéraux mieux garnis

Le scénario politique favorise le Parti québécois. QC125 lui accorde une projection centrale de 62 sièges, contre 37 au PLQ, 19 au PCQ, neuf à Québec solidaire... et aucun à la CAQ.

Assez pour gouverner seul? Pas tout à fait. Avec une majorité fixée à 64 sièges sur 127, un gouvernement péquiste minoritaire demeure le scénario correspondant à cette projection centrale.

Chez les juristes, par contre, c'est une autre histoire : c'est le PLQ qui possède le groupe de favoris le plus nombreux.

Les 22 favoris de Droit-inc

Dix-sept profils se présentent dans une circonscription classée « solide » pour leur parti. Cinq autres bénéficient d'un classement « probable ». Nous les distinguons ci-dessous.

Attention : aucun résultat n'est acquis.

Des vétérans et une relève

Les libéraux pourraient compter sur une équipe expérimentée en litige, en droit familial et en affaires. Nicolas Plourde, ancien bâtonnier, Brigitte Garceau et Michelle Setlakwe ont été admis dans les années 1990.

La relève? Sacha Cannon. Admis en 2020, il représenterait une génération plus récente, avec une spécialisation en arbitrage international.

Au PQ, les expertises couvriraient notamment l'immigration avec Stéphane Handfield, le droit constitutionnel avec Maxime Laporte et le litige avec Marie-Claude Sarrazin. Cette dernière a d'ailleurs cofondé son cabinet avec... Nicolas Plourde. Un cabinet, deux partis!

Nadine Le Gal ajouterait une expérience de gestion du réseau collégial. Quant à Mathieu Lebrun, titulaire d'une maîtrise en droit, il apporterait son parcours en médiation et en relations du travail.

Pascal Paradis et Stéphane Handfield - source : PQ
Ces courses qui changeront l'Assemblée


Tout n'est pas joué. Plusieurs candidatures importantes demeurent disputées.

Dans Jean-Talon, Pascal Paradis bénéficie d'un avantage péquiste plus fragile, classé « enclin ». Même classement dans Borduas, où Cédric Gagnon-Ducharme affronte Simon Jolin-Barrette.

Louis-Hébert oppose notamment Chloé Fauchon, du PQ, au notaire conservateur Marcos Archambault. Dans Saint-Henri–Sainte-Anne, Guillaume Cliche-Rivard, de QS, affronte le libéral Benoît Clermont. Ces deux circonscriptions figurent parmi les pivots de QC125.

René Branchaud, associé chez Lavery et candidat péquiste dans Champlain, demeure lui aussi dans une course incertaine. Et la criminaliste libérale Nada Boumeftah? Elle doit composer avec une lutte à trois dans Maurice-Richard.

Ces résultats pèseront sur les nominations. Car une longue carrière juridique ne garantit ni un siège ni un ministère.

Notre pari ministériel

Et si le PQ forme le gouvernement? Plusieurs parcours correspondent à des responsabilités précises. Voici les affectations que Droit-inc proposerait, sous réserve de l'élection de chaque candidat.

Entendons-nous : il s'agit d'hypothèses éditoriales, et non de nominations annoncées.

Sarrazin à la Justice et Paradis aux Relations internationales formeraient une combinaison plausible. L'inverse aussi! Mais le parcours de Sarrazin, notamment à la commission d'enquête sur les systèmes informatiques de la SAAQ, appuie notre premier choix.

Et Branchaud aux Finances? Ce serait moins évident : le PQ présente aussi Nicolas Marceau, économiste et ancien titulaire du portefeuille.

Quant à William Fradette, diplômé en droit et ancien recherchiste parlementaire, une fonction d'adjoint parlementaire constituerait une première affectation plausible.

Lesquels de ces scénarios resteront possibles? Les résultats de ce soir le détermineront.

Les libéraux miseraient sur l'expérience

Avec douze profils juridiques dans des circonscriptions classées « solides », les libéraux pourraient disposer d'un groupe expérimenté pour examiner les projets de loi d'un gouvernement péquiste. Deux autres candidatures, celles de Benoît Clermont et de Nada Boumeftah, demeurent dans des courses serrées.

Nicolas Plourde et André A. Morin - source : PLQ

Qui à la Justice? Dans notre cabinet fantôme, c'est Nicolas Plourde qui en hériterait. Son expérience en litige et ses anciennes fonctions de bâtonnier lui donnent un parcours pertinent pour questionner le financement des tribunaux, l'accès à la justice et les réformes professionnelles.

Voyez un peu. Si Marie-Claude Sarrazin devient ministre, les deux cofondateurs de Sarrazin+Plourde pourraient donc se retrouver face à face lors de l'étude des crédits ou d'un projet de loi! L'affectation reste hypothétique, mais le rapprochement intéressera la profession.

André A. Morin constituerait une autre option à la Justice. Nous lui attribuons plutôt la Sécurité publique et les questions de poursuites pénales, compte tenu de son parcours de procureur et de dirigeant juridique.


Justice : le PCQ aurait déjà son candidat

Jonathan Poulin à la Justice et à la Sécurité publique? Dans notre cabinet fantôme conservateur, c'est le choix le plus direct. Et pour cause : le candidat de Beauce-Sud occupe déjà ces responsabilités de porte-parole pendant la campagne.

Jonathan Poulin et Maïté Blanchette Vézina - source : PCQ

Son parcours en affaires juridiques et en conformité lui donne une expérience des règles, des contrôles internes et de leur application. QC125 classe Beauce-Sud comme un siège « solide » pour le PCQ. Son arrivée à l'Assemblée figure donc parmi nos pronostics les plus favorables.

Maïté Blanchette Vézina se trouve dans la même catégorie électorale dans La Peltrie. Son expérience du droit des affaires et son passage au Conseil des ministres la placeraient parmi les personnes les mieux préparées à organiser le travail d'un nouveau groupe parlementaire conservateur.

Nous lui attribuerions l'Économie et les Ressources naturelles. Une fonction de leader parlementaire serait également plausible, selon la composition du groupe.


Le troisième professionnel du droit à surveiller serait Marcos Archambault. Notaire de formation, il possède aussi une formation en gouvernance et une expérience des cabinets politiques. Les institutions et l'habitation constitueraient des affectations cohérentes. Encore faut-il gagner Louis-Hébert, où le PQ et le PCQ se disputent le siège.

Éloïse Coulombe représenterait un autre profil : celui de la relève. Étudiante en droit et diplômée en techniques juridiques, elle pourrait porter les questions de jeunesse et d'enseignement supérieur. Son parcours ne permet toutefois pas de la présenter comme avocate.

Et Adrien D. Pouliot? Notre sélection ne le comprend pas, malgré son expérience juridique et financière. Dans D'Arcy-McGee, la projection favorise nettement le PLQ. Or, composer un cabinet parlementaire exige d'abord de choisir des candidats susceptibles d'être élus.

QS et CAQ : leur présence juridique dépend de sièges disputés

Guillaume Cliche-Rivard - source : QS


Pour Québec solidaire, Guillaume Cliche-Rivard demeure le principal espoir d'une présence juridique parmi les cinq profils suivis par Droit-inc. Mais son retour à l'Assemblée ne figure pas parmi les résultats les plus sûrs.

QC125 classe Saint-Henri–Sainte-Anne comme un pivot entre QS et le PLQ. Le candidat solidaire affronte notamment Benoît Clermont, dont le parcours passe par la propriété intellectuelle et les médias. La circonscription pourrait donc élire un profil juridique sous l'une ou l'autre bannière.

S'il conserve son siège, nous confierions à Cliche-Rivard la Justice, l'Immigration et les droits et libertés. Sa pratique en immigration et en droit des réfugiés, ainsi que son expérience parlementaire, appuient cette proposition.

Et s'il perd? Aucun des quatre autres profils juridiques suivis chez QS ne bénéficie d'un classement favorable. Cela ne signifierait pas que le parti manquerait de porte-parole sur ces enjeux. Il devrait les attribuer à des élus ayant d'autres parcours.


À la CAQ, le problème serait plus large. La projection centrale de QC125 lui accorde zéro siège, avec une fourchette allant de zéro à deux. Dans ce scénario, aucun cabinet fantôme parlementaire ne pourrait être constitué.

Simon Jolin-Barrette représente une possibilité de survie dans Borduas. Le PQ y possède un avantage classé « enclin », avec Cédric Gagnon-Ducharme comme candidat. Une réélection de Jolin-Barrette contredirait donc le résultat favorisé par le classement, sans sortir des possibilités d'une course encore disputée.

S'il gagne, son expérience à la Justice et dans la conduite des travaux parlementaires rendrait naturelle une concentration de ces responsabilités entre ses mains.

Pour ces deux partis, notre exercice exige une condition préalable explicite : les postes proposés n'existeraient pour ces personnes que si elles remportent leur circonscription.


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