Au sommet des fusions-acquisitions
Le marché mondial des fusions-acquisitions atteint un nouveau record. Qui sont les avocats derrière cette performance?
L’activité en fusions-acquisitions connaît une croissance spectaculaire, sur le marché mondial comme sur le marché canadien.
La valeur mondiale des fusions-acquisitions s'est élevée à 2 850 milliards $US au cours du premier semestre. C’est une augmentation de 50 % comparativement à la même période un an plus tôt, selon le classement compilé par LSEG.
Avec des transactions annoncées totalisant 1 600 milliards $US, le deuxième trimestre est le meilleur trimestre jamais enregistré en matière de fusions-acquisitions.
Et la tendance est plutôt à l'accélération. En effet, le deuxième trimestre connaît une croissance de 31 % par rapport au premier trimestre de l’année.
Le deuxième trimestre 2026 est ainsi le quatrième trimestre consécutif à dépasser les 1 000 milliards $US.
Flambée des méga-transactions…
Cette croissance en valeur s’accompagne d'une baisse de 9 % du nombre d’opérations, illustrant l’essor sans précédent des méga-transactions.
En effet, 48 transactions supérieures à 10 milliards de dollars ont totalisé 1 300 milliards $US au cours du premier semestre 2026. C’est le double du nombre de méga-transactions recensées un an plus tôt.
Jamais ce nombre n’avait été atteint depuis le début des statistiques de LSEG en 1980.
Le seul bémol se situe en matière de transactions complétées, en recul de 3 %, dans un contexte d’allongement des délais de clotûre.
… et des transactions canadiennes
Le Canada n’est pas en reste, puisque le deuxième trimestre 2026 connaît une augmentation de 40 % de la valeur des transactions annoncées, comparativement au premier trimestre de l’année. Certes, quand on compare les six premiers mois de l’année à la même période l’année dernière, la comparaison est moins flatteuse (-10 %), mais le marché reste proche de son sommet.
Osler se démarque dans ce classement canadien des transactions annoncées au premier semestre, en décrochant la première place avec des conseils donnés à des transactions totalisant 36,4 milliards $US, soit une part de marché de près de 28 %.

« Le premier semestre a été exceptionnel, bien que l'incertitude soit devenue la nouvelle réalité », constate Me Niko Veilleux, chef du groupe droit des sociétés d’Osler au bureau de Montréal. Outre les tensions géopolitiques et commerciales, les épisodes de l’administration américaine ont rendu certains volets réglementaires plus complexes. « Des agences n'étaient plus financées par le gouvernement américain empêchant les dépôts d'investissements étrangers pendant plusieurs semaines avant un retour à la normale. »
Les équipes d’Osler ont notamment représenté le fondateur de Chaîne d’approvisionnement Metro, dans la vente de l’entreprise à Nippon Express Holdings pour 2,2 milliards $. Le cabinet a également conseillé Vosker, une entreprise de Victoriaville, dans son acquisition de Reconeyez ainsi que pour la conclusion d’un financement de 200 millions $ US auprès d’un syndicat de prêteurs mené par la Banque Nationale.
De la discipline… et de la vitesse
Comme sur le plan mondial, le nombre de transactions complétées au deuxième trimestre est en recul, avec une baisse de 45 % au Canada comparativement au trimestre précédent. Mais la progression sur l’ensemble du semestre est réelle (+6 %) en comparaison avec l’année précédente.
Blakes demeure au sommet de ce classement des transactions complétées, avec des conseils livrés pour des transactions totalisant 39,3 milliards $US. Le cabinet a notamment représenté G Mining Ventures dans son acquisition à 3 milliards $ de G2 Goldfields.
Blakes a aussi conseillé le fonds d’investissement KKR qui a acquis les actifs nord-américains du producteur d’énergie français EDF pour 4,2 milliards $US.

« Le marché est actif, malgré les soubresauts et les tensions géopolitiques », observe Me Patrick Menda, associé chez Blakes. L’avocat co-dirige les groupes capital-investissement et droit commercial et des sociétés du cabinet à Montréal. « Dans ce contexte d'incertitude, les investisseurs sont plus disciplinés. Les opérations tendent à prendre plus de temps à se concrétiser, avec davantage de vérifications diligentes et des écarts de valorisation entre les vendeurs et les acheteurs. Les montages financiers sont plus complexes. »
Toutefois, Patrick Menda observe qu’une autre tendance est en train de se dessiner. « Des investisseurs stratégiques et certains acteurs financiers ont la volonté d'aller très rapidement une fois qu'ils ont identifié un actif qui les intéresse. Parfois, ils veulent court-circuiter les processus de vente organisés en proposant une offre vraiment intéressante au vendeur, et ainsi obtenir une exclusivité », explique Me Menda.
Stikeman et Latham & Watkins complètent le podium avec 34,5 % et 27,6 % des parts de marché.
Un deuxième semestre prometteur
La deuxième partie de l’année pourrait bien rester sur la lancée du dynamique premier semestre. « On s'attend à ce que les marchés demeurent relativement stables, et à ce que les facteurs d’instabilité demeurent », prévoit Me Anthony Lanouette-Marier, associé au bureau de Montréal de Blakes. Il est spécialisé en fusions et acquisitions canadiennes et transfrontalières. « Le marché canadien demeure attrayant pour ses ressources naturelles, ses projets d'énergies, d'infrastructures et de technologies. »
Pour sa part, Niko Veilleux observe que « tout le monde est très positif pour l’automne ». L’associé d’Osler entend des conversations sur les investissements en intelligence artificielle, et sur les cibles à acquérir. Les discussions sont tout aussi intenses concernant le secteur de la défense, explique-t-il, en précisant que le secteur minier, l'énergie et l'innovation en santé devraient être des sujets fréquents au cours d’ici la fin de l’année.
Comme au niveau mondial, le nombre de transactions est à la baisse au Canada avec un recul de 37 % des transactions annoncées et de 32 % pour les transactions complétées au premier semestre. Fasken est en tête de ces deux classements, le cabinet étant talonné par Osler, qui devance lui-même Stikeman Elliott et Norton Rose Fulbright.
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