Action collective contre Taxelco

Action collective contre Taxelco
Didier Bert

Didier Bert

2026-09-08 10:15:39

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Un groupement de plusieurs centaines de chauffeurs de taxi lance une action collective contre Taxelco. Qui est l’avocate?


Wilerne Bernard - source : LinkedIn

La gestion exclusive de l’accès à l’aéroport Montréal-Trudeau par l’entreprise Taxelco est contestée par des chauffeurs de taxi.

Le Groupement des chauffeurs de taxi à l’Aéroport de Montréal (GCTAM) a déposé une demande d'autorisation d'une action collective devant la Cour supérieure.

Les chauffeurs de taxi sont représentés par Me Wilerne Bernard, qui pratique à son propre compte.

Le GCTAM refuse des hausses de redevances, cotisations et frais imposées unilatéralement aux chauffeurs de taxi de l'Aéroport Montréal-Trudeau depuis mai 2025, ainsi que l'imposition de dômes publicitaires Téo Taxi sans contrepartie.

Depuis le 1er mai 2025, Taxelco administre des aspects de l'affectation et de la gestion opérationnelle du service de taxi à l'Aéroport Montréal-Trudeau. Le demandeur estime qu'environ 535 véhicules seraient assujettis au régime administré par Taxelco.

Le demandeur entend être désigné représentant des membres du groupe composé « toute personne physique ou morale ayant été chauffeur-propriétaire, chauffeur-locataire ou exploitant de taxi autorisé à desservir l'Aéroport sous l'administration de Taxelco depuis le 1er mai 2025, et ayant payé ou été assujettie aux frais contestés », ainsi que du sous-groupe composé des personnes du groupe principal « à qui Taxelco a imposé, depuis le 1er janvier 2026, la location, l'installation ou l'entretien d'un dôme Téo Taxi ».

Des frais qui flambent

Le GCTAM reproche à Taxelco d'avoir imposé une hausse importante des cotisations de certains propriétaires de taxi, de 114,26 $ à 207,34 $ par semaine - soit 10 781,68 $ annuellement pour ces propriétaires -, ainsi que de la redevance aéroportuaire, passée de 4,60 $ à 6,44 $.

Le demandeur réclame une reddition de comptes pour connaître le nombre exact de véhicules assujettis ainsi que les revenus obtenus par Taxelco. Le GCTAM considère que l'entreprise pourrait percevoir au total jusqu'à plus de 13,5 millions de dollars annuellement.

De plus, « le demandeur allègue que certains frais sont demeurés exigibles même lors de périodes d’inactivité, d’absence, d’immobilisation du véhicule ou d’absence de revenus », précise la poursuite.


Face à la hausse des frais, le GCTAM affirme que les chauffeurs de taxi « contestent avoir reçu une contrepartie, un avantage économique ou une amélioration de services proportionnelle à l'augmentation des sommes exigées ».

Le demandeur met également en cause certains frais liés à la fourniture du kit publicitaire Ember, tels qu'une formation à l'utilisation de la tablette et aux outils d'intégration, facturée pour environ 172 $.

Dans leurs propres véhicules, les chauffeurs de taxi doivent mettre à la disposition de Taxelco un espace et un équipement permettant la diffusion de publicité auprès de leur clientèle, sans qu'on leur communique les ententes publicitaires applicables ni les montants des revenus tirés de ces publicités, allègue la demande.

En juin et juillet 2026, Taxelco a annoncé aux membres du groupe l'implantation de nouveaux dômes Téo Taxi… pour lesquelles l'entreprise perçoit des frais de location de 9,20 $ par semaine, des frais d'installation de 75 $ et un dépôt de 250 $. « Le demandeur allègue que la location du dôme a été présentée comme obligatoire ou comme une condition nécessaire à la poursuite des activités de certains chauffeurs ou propriétaires sous l’administration de Taxelco », indique la demande d’autorisation, qui conteste l’imposition d’une location récurrente et obligatoire, de durée non déterminée, aux frais des chauffeurs et propriétaires de taxi.

La poursuite considère que Taxelco a enfreint des articles du Code civil du Québec relatifs à l'obligation de bonne foi, les clauses abusives dans les contrats d'adhésion, ainsi que la restitution des prestations perçues sans droit.

Le GCTAM souhaite que la Cour supérieure déclare inopposables, réduise ou annule les clauses et les frais jugés abusifs. Il entend que le tribunal ordonne à Taxelco de rendre compte de toutes les sommes facturées et perçues, et que l'entreprise soit tenue d'effectuer une reddition de comptes sur ses revenus publicitaires. Taxelco devrait également être condamnée à restituer les sommes perçues sans droit et à verser des dommages-intérêts compensatoires, réclame le demandeur.

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