Comment un bagage en psychologie transforme l’approche du droit des sociétés

Comment un bagage en psychologie transforme l’approche du droit des sociétés
Sonia Semere

Sonia Semere

2026-04-03 14:15:34

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Un cabinet étoffe son groupe droit des sociétés en intégrant une avocate ayant une expérience en psychologie. On a échangé avec elle…


Yuan Luo

Le cabinet Miller Thomson renforce son groupe droit des sociétés en accueillant une avocate au profil atypique : Me Yuan Luo, récemment assermentée, qui combine expertise juridique et solide bagage en psychologie.

Sur LinkedIn, Me Luo se décrit comme « passionnée par la compréhension des individus, des systèmes et des forces sociales qui les façonnent ». Et pour cause, avant de se tourner vers le droit, elle a mené une première carrière dans le domaine de la psychologie, notamment en travaillant à la CNESST comme conseillère en réadaptation.

Aujourd’hui chez Miller Thomson, elle change de casquette : elle conseille les entreprises à toutes les étapes de leur cycle de vie, de la constitution à l’organisation et à la gestion corporative.

Elle intervient également dans tous les aspects des transactions d’achat et de vente d’entreprises, de la vérification diligente à la rédaction de rapports, lettres d’intention et conventions d’achat d’actions ou d’actifs.

On a discuté avec elle de ses premiers pas en pratique, de fusions et acquisitions, et de son regard sur la psychologie…

Vous avez choisi de vous orienter vers le droit des sociétés et les fusions-acquisitions. Pouvez-vous nous expliquer ce qui a guidé ce choix?

Ce n’était pas un choix évident. J’hésitais beaucoup entre le litige commercial et le droit des affaires, deux domaines qui m’intéressaient énormément. Ce qui a finalement orienté ma décision, c’est l’aspect très collaboratif du droit des affaires.

On travaille sur des transactions concrètes : un vendeur, un acheteur, et nous sommes là pour faciliter l’entente entre les parties. J’ai aussi remarqué que les professionnels dans ce domaine sont généralement très accessibles, collaboratifs et agréables à côtoyer, c’est un environnement dans lequel je me reconnais.

Avez-vous déjà une idée des secteurs ou des types de transactions dans lesquels vous souhaitez développer votre pratique?

Pour l’instant, je me laisse un peu guider. On m’a déjà dit qu’une carrière est une succession de coïncidences, et je trouve ça assez juste. Chez Miller Thomson, on travaille avec une grande diversité de clients, en construction, en technologie, en transport, etc. Cette variété est une vraie richesse, surtout en début de carrière. Je préfère explorer ces différents secteurs avant de voir, avec le temps, vers quoi je souhaite me spécialiser.


Vous venez tout juste de commencer votre pratique. Avec un peu de recul, comment vivez-vous la transition entre votre stage et votre rôle d’avocate?

C’est très stimulant. En tant qu’avocate, on est beaucoup plus impliqué dans les dossiers, et ce très tôt. On peut suivre un dossier de A à Z, depuis les premiers échanges avec le client jusqu’à sa conclusion.

C’est fascinant de voir l’évolution d’un dossier, sa complexité et tout ce qui s’y rattache. On est aussi rapidement en contact direct avec les clients et les autres parties, ce que je n’avais pas nécessairement expérimenté de la même manière en stage. Ça rend le travail encore plus concret et engageant.

Pourriez-vous nous expliquer ce qui vous a amenée à vous tourner vers le droit après un début de carrière en psychologie?

C’est à la fois une coïncidence et une évolution réfléchie. Si on m’avait posé la question il y a 15 ou 20 ans, je n’aurais jamais imaginé devenir avocate. J’ai commencé par un baccalauréat en psychologie, puis une certification en éducation spécialisée. J’ai travaillé environ trois ans dans le milieu scolaire, une expérience que j’ai beaucoup appréciée sur le plan humain.

Cependant, sur le plan intellectuel, je ressentais un manque de stimulation. J’avais besoin de nouveaux défis. C’est en discutant avec des amis avocats que j’ai envisagé le droit. Ils m’ont fait réaliser que cette profession correspondait à mon intérêt pour les problématiques complexes et à mon envie d’aider les autres à atteindre leurs objectifs. Cela m’a convaincue de retourner aux études.

Même si les deux domaines semblent éloignés, il existe en réalité plusieurs ponts. Mon expérience me permet notamment de mieux comprendre la psychologie organisationnelle, un élément clé dans toute structure, qu’il s’agisse d’une école ou d’une entreprise. J’ai pu observer concrètement les différences entre des organisations qui fonctionnent bien et d’autres plus dysfonctionnelles.

Dans ma pratique, cela m’aide à mieux comprendre les dynamiques entre les parties, à faciliter les échanges et à contribuer à des transactions harmonieuses. Contrairement à une idée reçue, il ne s’agit pas de lire dans les pensées, mais plutôt d’apporter une compréhension globale des interactions humaines et organisationnelles.

Pourriez-vous nous expliquer également votre rôle au sein de la CNESST et ce que cette expérience vous a apporté ?

J’ai travaillé au sein de l’IVAC (Indemnisation des victimes d’actes criminels), qui est un service très spécialisé. Nous accompagnions des personnes ayant vécu des événements traumatisants. L’enjeu principal était de bien comprendre leur situation et d’identifier leurs besoins, même lorsqu’elles n’étaient pas en mesure de les exprimer clairement en raison du choc.

Il fallait ensuite les orienter vers les ressources appropriées, soutien psychologique, adaptation professionnelle, ou autres services offerts par le gouvernement. C’est une expérience qui m’a beaucoup marquée et qui a renforcé ma capacité d’écoute et d’analyse des besoins humains.

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