L’avocate qui voulait sauver les baleines
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Delphine Jung
2017-03-23 13:15:00

Originaire de Toronto mais installée à Key Largo en Floride depuis de nombreuses années, cette avocate a décidé de mettre ses connaissances en droit au profit des cétacés.
Me Natalie Barefoot n’est pas née au bord de l’océan, et pourtant, il l’habite depuis toujours. Dans sa chambre de petite fille, des posters de baleines tapissent ses murs et des livres sur les mammifères marins s’empilent sur ses étagères.
Aujourd’hui, elle dirige un cabinet à but non lucratif à Key Largo, en Floride, appelé Cet Law. Entourée parfois de confrères pro-bono ou de stagiaires, l’avocate met à profit ses connaissances en droit pour la protection et la conservation des cétacés et de leur habitat marin ou d’eau douce.
Pourtant, Me Barefoot n’a pas toujours été avocate. « J’ai d’abord été comptable pour une organisation non gouvernementale appelée Pact inc pendant deux ans à Washington, et pendant quatre ans à Harare au Zimbabwe, puis j’ai entrepris des études de droit à la School of law de Miami en 2002 », dit-elle.
Elle poursuit dans un cabinet privé en tant qu’avocate spécialiste de l’environnement. Elle occupe ce poste cinq ans, puis part un peu plus de deux ans en Suisse pour travailler au sein du Programme environnemental des Nations Unies.
Mais l’appel de l’océan est tel, que Natalie Barefoot décide ensuite de voguer vers la Nouvelle-Zélande et les îles Cook pour observer les mammifères marins avec une équipe de scientifiques. Elle raconte : « J’étais émerveillée. J’ai ressenti une joie pure d’être au milieu d’eux, dehors, dans la nature. Je souriais en permanence ! J’ai senti que ce que je voulais faire devenait plus clair. Ces animaux ont besoin d’un soutien juridique pour traduire la science et le savoir dans la politique. J’ai pu remarquer qu’il manquait des ressources humaines et financières. Cet Law est là pour combler ce vide ».
Depuis sa création en novembre 2015, Cet Law a travaillé et travaille encore sur de nombreux projets comme celui de la Commission pour la coopération environnementale qui rassemble les efforts du Canada, du Mexique et des États-Unis. Natalie Barefoot participe également à plusieurs conférences. « La prochaine est à Tonga, une île de l’océan Pacifique. Nous allons entre autres animer un atelier juridique. »
À ceux qui pourraient l’accuser de plus se soucier du sort des animaux que des êtres humains, Natalie Barefoot aime rappeler que « nous sommes tous reliés les uns aux autres. Contribuer à faire de l’océan un endroit plus propice pour les mammifères marins a des conséquences positives aussi pour l’humain. C’est un résultat gagnant-gagnant ».
Interrogée sur la politique particulièrement « anti-environnementale » de Donald Trump, Natalie Barefoot reste positive : «Je me sens concernée, c’est sûre. Mais j’espère que les élus au Congrès vont réussir à travailler dans un sens plus positif. Sur le terrain, les gens n’arrêteront pas de se battre ».