Pratiquer le droit : une nuisance pour la santé mentale?
La pratique du droit pèse sur la santé mentale de nombreux professionnels, montre un nouveau sondage.
Il est coûteux, psychologiquement parlant, d’exercer la profession d’avocat.
Plus de quatre avocats sur dix (41,1 %) considèrent que leur carrière juridique a été néfaste pour leur santé mentale, selon un sondage mené par l’Association du barreau américain (ABA).
Plus de 39 000 avocats répartis dans 28 juridictions américaines ont été sondés, couvrant les quatre grandes régions du recensement américain, ce qui en fait l'une des plus vastes études jamais réalisées sur le bien-être des professionnels du droit.
Dépression et épuisement
La santé mentale des avocats est éprouvée bien davantage que ce qui pouvait être imaginé jusqu’à présent, montre l’enquête intitulée When Demands Equal Distress: An Updated Understanding of Lawyer Mental Health and Well-being.
Ce sont 22 % des avocats américains qui présentent des symptômes modérés à sévères de dépression.
La proportion est presque équivalente d'avocats déclarant une anxiété modérée à sévère (20 %), ou un niveau de stress modéré à sévère (19 %).
Au total, près de la moitié des répondants souffrent d'un épuisement professionnel élevé.
L'étude établit un lien clair entre la charge horaire et la détresse psychologique : travailler 71 heures ou plus par semaine est associé à un risque nettement accru de stress et d'épuisement, comparé à une semaine standard de 40 heures.
Le conflit entre vie professionnelle et vie familiale aggrave encore la situation : chez les avocats déjà les plus touchés par l’épuisement professionnel, un fort conflit travail-famille ajoute jusqu'à 15,5 points de pourcentage au risque de stress.
Alcool, tabou, absence de soutien
L'enquête pointe également que 41,8 % des avocats présentent un profil de consommation d'alcool à risque. Pourtant, seuls 2,3 % rapportent un diagnostic de trouble lié à l’alcool. L’écart entre les chiffres s'expliquerait par la peur des conséquences sur leur exercice professionnel et par une culture qui banalise la consommation excessive.
D'ailleurs, plus de la moitié des avocats (53,3 %) disent craindre pour leur vie privée s'ils demandent de l’aide.
Les avocats jugent sévèrement les actions menées par leur employeur ou par la profession. Seulement 39,1 % des avocats estiment que leurs employeurs font suffisamment pour soutenir leur bien-être mental, et à peine 25,3 % jugent que la profession dans son ensemble en fait assez.
L’ensemble de ces problèmes est pourtant susceptible de pousser de nombreux avocats en dehors de leur profession. Le sondage établit que plus d'un avocat sur quatre (27 %) a déjà envisagé de quitter la profession en raison du stress, de l'épuisement ou de problèmes de santé mentale.
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