Votre assurance refuse de couvrir les pluies du 1er juillet? « Insistez! » dit un avocat

Votre assurance refuse de couvrir les pluies du 1er juillet? « Insistez! » dit un avocat

Radio Canada

2026-08-04 10:15:45

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Plus d'un mois après la tempête, de nombreuses personnes tentent toujours d'obtenir une aide financière de la part de leur compagnie d'assurance. Un avocat démêle le tout…


Les entreprises municipales chargées de la collecte des déchets ramassent les ordures dans des habitations d'Ottawa qui ont été inondées lors de la tempête survenue le jour de la fête nationale du Canada. Plus d'un mois après la tempête, de nombreuses personnes tentent toujours d'obtenir une aide financière de la part de leur compagnie d'assurance - source : Radio-Canada - La Presse canadienne / Justin Tang

Cela fait un peu plus d'un mois que des milliers de personnes ont été victimes d'inondations causées par les pluies torrentielles de la fête du Canada. Au 31 juillet, la Ville d'Ottawa avait reçu plus de 7100 signalements de sous-sols inondés. Aujourd’hui encore, beaucoup de résidents sont toujours en train de nettoyer leurs sous-sols et d'essayer d'obtenir une aide financière. Plusieurs disent avoir du mal à s'entendre avec leurs compagnies d'assurance. Des avocats comme Hamish Mills-McEwan tentent de leur apporter des réponses lors de séances d’information organisées par la Ville.

« (Ils) ont l’impression que si leur compagnie d’assurance leur dit quelque chose, ils n’ont d’autre choix que de l’accepter, ce qui n’est pas vraiment le cas ».

M. Mills-McEwan reçoit des témoignages de personnes dont les experts en sinistres ne répondent pas à leurs demandes. Il leur conseille donc d’insister, de préférence par courriel, afin qu’il y ait une trace écrite de leur demande.

Contacter le service client de la compagnie d'assurance ou un médiateur peut également porter ses fruits, ajoute-t-il, car les clients discrets peuvent parfois être négligés.

« Cela peut sembler un peu mesquin ou donner l’impression que ce n’est pas ce qu’il faut faire. Mais en exerçant cette pression, vous avez en réalité plus de chances d’obtenir un résultat satisfaisant ».


Hamish Mills-McEwan est avocat au cabinet Nelligan Law ; il apporte ses conseils lors de séances organisées par la Ville depuis la tempête du 1er juillet - source : Radio-Canada / Francis Ferland
Des réparations pas toujours bien faites

Laurie McCoubrey fait partie des personnes qui ont sollicité une aide juridique. Elle vit à Crystal Beach, un quartier de la ville particulièrement touché par les pluies du 1er juillet, mais qui n’est pas couvert par le Programme d’aide aux sinistrés pour la reprise après une catastrophe mis en place par la province.

« C'était une expérience totalement surréaliste », raconte-t-elle en se remémorant le quasiment un mètre d'eau qui a envahi son sous-sol en l'espace de quelques heures.

Mme McCoubrey a rencontré un avocat lors d’une des réunions de soutien organisées par la Ville fin juillet. Elle s’inquiétait du travail de l’une des entreprises de remise en état auxquelles elle avait fait appel.

« Je pouvais arracher les plaques de plâtre humides à mains nues après leur passage », raconte-t-elle, ajoutant que l’entreprise avait laissé de la moquette mouillée et des sacs de plaques de plâtre dégoulinantes dans son sous-sol.

N’ayez pas peur de vous défendre, conseille un avocat

L’une des principales préoccupations de M. Mills-McEwan est que les compagnies d’assurance n’informent pas leurs assurés par écrit de leur refus de couverture.


Laurie McCoubrey habite dans le quartier de Crystal Beach, qui a été durement touché par les inondations du 1er juillet : son sous-sol s'est retrouvé submergé sous plus de 91 centimètres d'eau - source : Radio-Canada / Mathieu Deroy

« Il ne faut pas se contenter de la parole d’un expert en sinistres et renoncer à faire valoir ses droits », insiste-t-il. « J’ai parlé à des personnes qui ont été découragées de poursuivre leur demande d’indemnisation ou qui n’ont pris aucune autre mesure simplement parce qu’elles ont appelé leur compagnie d’assurance et que celle-ci a décidé qu’elles n’étaient pas couvertes (pour ce genre de dommages) », illustre-t-il.

« Ainsi, au lieu d’accepter la demande, de la traiter, de l’évaluer et de se prononcer ensuite sur la couverture, elles y mettent fin avant même que ces étapes ne soient franchies ».

La Ville d’Ottawa organise d’autres séances d’information à la place Ben Franklin — une ce mardi et une autre jeudi — où les personnes peuvent rencontrer un avocat et des représentants de la Croix-Rouge canadienne.

La Croix-Rouge est également présente du lundi au vendredi, de 9 h à 17 h, et propose une assistance téléphonique et par courriel à toute personne ne pouvant se rendre en personne à l’une des séances organisées par la Ville.

« Les gens ont parfois simplement besoin d'un espace où s'asseoir et parler de ce qui s'est passé », confie Emily Pietropaolo, vice-présidente chargée de la réadaptation au sein de la Croix-Rouge canadienne. « C'est un processus émotionnel. Les gens ont donc besoin de temps pour le surmonter ».

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