Quand la biologie marine mène au droit de l’environnement
Après un parcours en biologie marine, une étudiante se tourne vers le droit de l’environnement. Rencontre.

Du bac en sciences au bac en droit, il n’y a parfois qu’un pas. Pour Jessica Khoury, ce changement de parcours s’est fait naturellement, au fil d’un intérêt grandissant pour les enjeux politiques et juridiques liés à l’environnement.
Après un bac en biologie marine, l’étudiante s’est tournée vers le droit, avec l’envie de poursuivre son intérêt pour les questions environnementales sous un nouvel angle.
En 2025, elle rejoint Fasken, où elle intègre le groupe Environnement et travaille à temps partiel durant l’année scolaire.
Cet été, Jessica Khoury a poursuivi son parcours dans le cadre d’un détachement chez Gold Fields, une expérience qui lui a permis de découvrir la pratique juridique directement au sein d’une société minière et d’élargir son expérience à plusieurs domaines du droit. Mais en quoi consistait concrètement son rôle? On a jasé avec elle.
Jusqu’à maintenant, qu’est-ce que vous retenez de votre expérience chez Fasken? Quel regard portez-vous sur le milieu professionnel, alors que vous êtes encore étudiante?
Je pense que c’était assez proche de ce à quoi je m’attendais, mais j’ai quand même beaucoup appris. Il y a certaines compétences qu’on n’apprend pas à l’école et qu’on développe dans le milieu professionnel, notamment en matière de recherche juridique. J’ai vraiment appris à utiliser les différentes plateformes de recherche de façon beaucoup plus efficace.
Mais au-delà de l’aspect professionnel, l’encadrement et le mentorat que j’ai reçus au sein du groupe Environnement ont été particulièrement marquants. Je m’y attendais un peu, mais pas à ce niveau-là.
J’ai développé des liens professionnels, mais aussi, dans un certain sens, des amitiés. Les avocats étaient là pour moi non seulement sur le plan professionnel, mais ils m’ont aussi donné des conseils sur le plan académique, ce qui a influencé mon parcours. Je pense que cette idée de porte ouverte, de savoir que les avocats sont là pour vous, c’est quelque chose que j’ai vraiment ressenti lorsque j’ai commencé chez Fasken.
Jusqu’où avez-vous pu vous impliquer dans les dossiers?
Ça a toujours commencé par le travail typique de recherche juridique. On m’envoyait des questions auxquelles je répondais par courriel ou lors d’une rencontre. Mais au fil du temps, j’ai pu m’impliquer de plus en plus dans les mandats, jusqu’à assister à des rencontres avec des clients et même, parfois, à représenter le cabinet lors de ces rencontres.
C’était une opportunité à laquelle je tenais particulièrement. C’est d’ailleurs à cette occasion que j’ai découvert Gold Fields, l’entreprise au sein de laquelle j’ai ensuite effectué mon détachement.
En quoi consistait votre rôle? Sur quels types de dossiers avez-vous travaillé?
Pour commencer, je pense que travailler au sein d’une société minière est très différent du travail des services juridiques dans d’autres entreprises. Les projets miniers sont extrêmement complexes et l’industrie touche à de nombreux secteurs.
Les services juridiques d’une entreprise comme Gold Fields doivent donc avoir des connaissances dans plusieurs domaines. Il faut notamment connaître le droit autochtone, le droit de l’environnement, le droit du travail, ainsi que la rédaction et la révision de contrats.
Mon rôle consistait justement à intervenir dans plusieurs de ces domaines. Je faisais de la révision contractuelle, mais également des recherches sur l’obtention de permis environnementaux, les autorisations ministérielles ou encore le droit autochtone. Je faisais aussi des recherches jurisprudentielles en matière de droit du travail.
Que conseilleriez-vous à un étudiant ou à une étudiante en droit qui envisage de faire un détachement?
Je pense que lorsqu’un étudiant a déjà fait un été dans un cabinet, il est généralement habitué à travailler au quotidien avec des avocats. En entreprise et je parle ici uniquement de mon expérience chez Gold Fields, on commence plutôt à travailler avec des professionnels qui ne sont pas nécessairement issus du domaine juridique.
Dans mon cas, j’ai notamment travaillé avec des géologues, des directeurs de l’approvisionnement et des ingénieurs. On est donc amené à collaborer avec des personnes qui n’ont pas nécessairement une formation en droit et qui peuvent avoir une façon très différente d’aborder une situation ou un problème. Qu’on le veuille ou non, notre parcours professionnel et académique influence notre façon de réfléchir et d’analyser les enjeux.
Mon principal conseil aux étudiants serait donc d’être prêts à sortir de leur cadre juridique habituel et à travailler avec des personnes qui n’ont pas nécessairement les mêmes réflexes qu’eux. Il faut notamment être capable d’adapter sa façon de communiquer, que ce soit dans la manière de présenter une information juridique ou d’engager une discussion avec un collègue.
Personnellement, je pense que mon baccalauréat en sciences et mes expériences professionnelles dans ce milieu m’ont beaucoup aidée à m’intégrer à l’entreprise et à collaborer avec des professionnels qui ne faisaient pas partie du service juridique. Cela m’a aussi permis de mieux comprendre leur réalité et d’adapter mon approche en conséquence.
Vous avez commencé votre parcours en sciences. Qu’est-ce qui vous a finalement orientée vers le droit?
Dans le cadre de mon baccalauréat en sciences, j’ai eu l’occasion de suivre certains cours qui étaient davantage liés aux politiques publiques, notamment sur l’analyse d’impact, le droit de l’environnement et les réglementations environnementales. Je me suis rapidement rendu compte que c’étaient souvent ces cours-là, ou encore certains enjeux de politiques et de réglementation abordés dans d’autres cours, qui m’intéressaient le plus.
Au fil de mon parcours, j’ai donc naturellement cherché à approfondir ces questions en choisissant davantage de cours qui les abordaient. J’ai également travaillé pendant un an comme gestionnaire de laboratoire, puis pour un organisme de recherche océanique.
La science m’intéressait toujours beaucoup et j’aimais cet environnement de travail, mais je constatais que les questions qui m’attiraient le plus étaient celles qui se situaient à l’intersection de la science, des politiques publiques et de la réglementation.
Lorsque j’ai commencé mes études en droit, j’ai eu l’occasion de m’impliquer dans différentes activités, notamment au sein de revues et d’initiatives davantage axées sur le droit de l’environnement. Ces expériences ont progressivement confirmé mon intérêt pour ce domaine.
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