Comment la justice de proximité répond-elle aux réalités du terrain?

Comment la justice de proximité répond-elle aux réalités du terrain?
Sonia Semere

Sonia Semere

2026-06-15 14:15:41

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Accès à la justice, engagement communautaire et réalités juridiques : on a discuté avec une avocate qui vient de rejoindre la Clinique juridique de Saint-Michel.


Catherine Savaria - source : Me Catherine Savaria

Après un début de carrière au Commissaire à la déontologie policière, Me Catherine Savaria se joint à l'équipe de la Clinique juridique de Saint-Michel.

Son intérêt pour le milieu communautaire remonte à plusieurs années. Au fil de son parcours, elle a acquis diverses expériences auprès d'organismes québécois, développant ainsi un fort intérêt pour l'accès à la justice et la vulgarisation du droit.

À la clinique, elle contribue au développement et à la mise en œuvre d'initiatives visant à améliorer l'accès à la justice, à renforcer les services de consultation juridique et à soutenir des projets ancrés dans les réalités des communautés.

Mais quelles sont les réalités propres au quartier Saint-Michel? Quel rôle sera-t-elle appelée à jouer au sein de la clinique? Et qu'est-ce qui nourrit son engagement envers le milieu communautaire? On a jasé avec elle.

Qu’est-ce qui vous attire particulièrement dans le milieu communautaire et dans ce modèle de services juridiques de proximité?

J’ai commencé très jeune à m’impliquer bénévolement auprès d’un organisme des Laurentides, puis j’ai réalisé un stage au Mouvement Action-Chômage de Montréal durant mes études. Ces expériences m’ont permis de côtoyer des personnes profondément engagées envers leur communauté et les causes qu’elles défendent.

Ce qui me motive particulièrement, c’est la possibilité de rendre le droit plus accessible. Les connaissances juridiques peuvent être difficiles à comprendre pour une grande partie de la population. J’aime pouvoir les vulgariser afin que chacun puisse mieux connaître ses droits et prendre des décisions éclairées.

Pouvez-vous nous présenter vos principales responsabilités au sein de la clinique et les projets sur lesquels vous travaillez actuellement?

Mon rôle se divise principalement entre les consultations juridiques et la gestion de projets. Du côté des consultations, je participe à l’encadrement du travail réalisé auprès des usagers de la clinique, en collaboration avec mes collègues et les étudiants impliqués. Notre mission consiste à fournir de l’information juridique claire et accessible, sans offrir de conseils juridiques personnalisés.

Je veille également à la coordination avec les avocats bénévoles qui révisent les documents préparés par les cliniciens et cliniciennes. Par ailleurs, je suis responsable du projet Justice Sankofa, une initiative visant à améliorer l’accès à la justice pour les communautés noires.

Le projet prévoit notamment la création d’outils d’information juridique, l’organisation de cliniques mobiles et le développement de partenariats avec des organismes communautaires afin d’accompagner les personnes dans leurs démarches et de renforcer leurs connaissances juridiques.


Bien que vous soyez arrivée récemment, quelles réalités sociales et juridiques vous semblent particulièrement marquantes dans le quartier de Saint-Michel ?

Je suis encore en phase d’apprentissage, mais il est déjà clair que plusieurs enjeux touchent les résidents du quartier. Comme dans plusieurs secteurs confrontés à des défis socio-économiques importants, certaines problématiques liées au logement, à la pauvreté et à l’accès aux services sont particulièrement présentes.

Les barrières linguistiques constituent également un enjeu majeur. Pour les personnes qui ne maîtrisent ni le français ni l’anglais, il peut être difficile de comprendre leurs droits ou de naviguer dans les démarches juridiques. La clinique cherche justement à réduire ces obstacles en offrant un accompagnement accessible et en renforçant la confiance des citoyens envers les ressources juridiques disponibles.

Avant de rejoindre la clinique, vous avez travaillé au Commissaire à la déontologie policière. Qu’est-ce que cette expérience vous a apporté et en quoi nourrit-elle votre pratique actuelle?

Cette expérience a été extrêmement formatrice. J’y ai d’abord effectué mon stage du Barreau avant d’y poursuivre ma carrière pendant environ un an et demi. J’y ai acquis une compréhension approfondie du fonctionnement des services policiers, des interventions sur le terrain ainsi que des droits et obligations qui encadrent ces interventions.

J’ai également été sensibilisée à des enjeux importants comme le profilage racial et aux défis juridiques liés à la démonstration de telles situations devant les tribunaux. Cette expérience me permet aujourd’hui d’aborder certaines questions liées au système de justice avec un regard plus nuancé et une meilleure compréhension des réalités vécues par les citoyens.

Lorsque vous étiez étudiante en droit, vous imaginiez-vous déjà évoluer dans le milieu communautaire ou votre parcours s’est-il dessiné progressivement ?

Je ne m’étais pas nécessairement projetée dans un type de pratique précis. Toutefois, j’ai toujours été animée par un fort désir de justice et d’équité. Au fil de mes études et de mes engagements, notamment au sein du comité en droit autochtone, j’ai développé un intérêt grandissant pour les questions d’accès à la justice et de sensibilisation aux réalités sociales.

Avec le temps, j’ai réalisé que ce qui me passionne le plus, c’est la vulgarisation du droit. J’aime pouvoir transmettre des connaissances juridiques de façon claire afin que les personnes comprennent mieux leurs droits et se sentent davantage outillées pour faire valoir leurs intérêts. C’est dans cette mission que je me reconnais aujourd’hui le plus.

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