D’infirmière à avocate en droit de la santé
Comment une expérience en milieu hospitalier peut-elle nourrir une pratique en droit de la santé? On en a discuté avec une avocate.

Après un premier passage en droit chez TCJ, Catherine LaRose se joint à Lavery au sein du groupe litige, où elle concentre désormais sa pratique en droit de la santé.
Elle accompagne des établissements et organismes du réseau de la santé et des services sociaux, qu’elle conseille et représente dans le cadre de leurs activités, notamment en matière de responsabilité hospitalière et d’actions collectives.
Le milieu hospitalier, Me LaRose le connaît bien. Avant de devenir avocate, elle a travaillé cinq ans au sein du réseau de la santé, dont trois à titre d’infirmière clinicienne.
Une expérience de terrain qui lui a permis de développer une compréhension fine des enjeux hospitaliers, ainsi qu’un intérêt marqué pour l’accès aux soins et l’amélioration du système de santé québécois. Droit-inc est allé à sa rencontre.
Pourquoi avoir rejoint Lavery après votre passage chez TCJ?
J’ai passé environ un an chez TCJ, où j’ai effectué ma première expérience professionnelle en droit à la suite de mon stage du Barreau. C’est aussi à ce moment-là que j’ai découvert plus concrètement le droit de la santé, un domaine qui m’a tout de suite interpellée.
C’est un domaine assez niché, qui demande des connaissances très pointues, notamment parce qu’on agit souvent en soutien aux établissements de santé.
Parallèlement, j’ai commencé une maîtrise en droit et politique de la santé à l’Université de Sherbrooke, toujours dans l’objectif d’approfondir mes connaissances. Chez Lavery, j’ai vu une véritable opportunité de développement, le cabinet disposant d’une équipe plus large en droit de la santé, répartie entre plusieurs bureaux.
À quoi ressemble concrètement votre pratique chez Lavery?
C’est une pratique très collaborative. Les dossiers sont généralement menés en équipe. Dans certains dossiers d’envergure, plusieurs avocats peuvent être impliqués simultanément. En ce moment, je travaille principalement sur des dossiers de responsabilité civile, notamment en responsabilité hospitalière.
Il s’agit par exemple de situations où un patient allègue avoir subi un préjudice à la suite de soins reçus et engage des recours contre un établissement de santé ou un professionnel. Je suis également impliquée dans des dossiers d’actions collectives, qui sont souvent complexes et impliquent plusieurs établissements. Ce sont des mandats particulièrement stimulants, qui exigent une grande coordination.
Quels sont les principaux enjeux juridiques auxquels vous êtes confrontée au quotidien?
Mon travail est assez varié. Il peut commencer par de la recherche juridique, que ce soit sur des questions précises de droit de la santé ou sur l’analyse de jurisprudence et de doctrine afin de bâtir nos arguments. Il y a aussi une importante dimension factuelle : il faut comprendre ce qui s’est réellement passé dans chaque dossier.
Dans les cas de préjudice corporel, cela implique notamment l’analyse de dossiers médicaux, de notes infirmières et de toute la documentation pertinente. Mon expérience comme infirmière clinicienne m’aide beaucoup dans cette étape. Elle me permet de mieux comprendre le contexte clinique, de décoder les notes et de reconstituer le fil des événements afin d’identifier ce qui a pu mener à la situation en cause.
Finalement, l’objectif est toujours de bien comprendre le dossier pour trouver une solution juste et fondée.
En quoi votre expérience de terrain comme infirmière influence-t-elle votre pratique du droit aujourd’hui?
J’ai travaillé comme infirmière clinicienne en milieu hospitalier, notamment à l’urgence. J’étais souvent au triage, le premier point de contact avec les patients. C’est là que j’ai été confrontée de façon répétée à des enjeux d’accès aux soins.
Plusieurs patients m’expliquaient qu’ils n’arrivaient pas à obtenir de rendez-vous avec leur médecin de famille, malgré leurs tentatives répétées, et qu’ils se retrouvaient à l’urgence faute d’alternative. Cette réalité m’a interpellée.
J’ai commencé à réfléchir plus largement au fonctionnement du système de santé et aux leviers possibles pour l’améliorer, notamment sur le plan de l’accès aux soins de première ligne. Petit à petit, je me suis demandé si j’étais à la bonne place.
J’aimais mon travail, mais je sentais un besoin d’aller plus loin, notamment sur le plan de l’analyse et de la rédaction. Le droit s’est alors imposé comme une option naturelle. Et dès le début de mes études, j’ai découvert le droit de la santé, ce qui a confirmé mon choix.
Mon expérience me donne une compréhension concrète du fonctionnement du système de santé. On réalise rapidement que ce système repose sur des humains : médecins, infirmières, gestionnaires, technologues, préposés.
Chacun joue un rôle essentiel, et c’est cette collaboration qui permet au système de fonctionner. Cela apporte une perspective plus humaine aux dossiers. Derrière chaque litige, il y a des personnes, des contraintes et des réalités de terrain. Le droit permet justement de mettre en lumière ces différentes dimensions.
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