Nos paris ministériels, vérifiés
Rene Lewandowski
2026-10-22 10:15:27
Sarrazin à la Justice, Lebrun au Travail : deux dans le mille. Le reste? Des surprises, des défaites… et une leçon d'humilité. Retour sur notre pari du 5 octobre.

Marie-Claude Sarrazin à la Justice.
Mathieu Lebrun au Travail.
Sur ces deux-là, Droit-inc avait vu juste.
Le 5 octobre, quelques heures avant le dépouillement, nous avions osé un pari ministériel : quels juristes du PQ hériteraient de quels portefeuilles? Le Conseil des ministres dévoilé le 21 octobre par Paul St-Pierre Plamondon permet de vérifier.
Le verdict? Deux portefeuilles correspondent. Deux juristes reçoivent d'autres fonctions. Et plusieurs de nos paris sont tombés… dès le soir de l'élection.

Le nouveau Conseil des ministres compte 23 membres, premier ministre compris. Trois ont un parcours juridique documenté : Paul St-Pierre Plamondon, Marie-Claude Sarrazin et Mathieu Lebrun. Les deux premiers sont avocats de formation. Le troisième détient une maîtrise en droit et a fait carrière en médiation et en relations du travail.
Le premier ministre, diplômé en droit civil et en common law de McGill, est passé par Stikeman Elliott, puis par Delegatus. Il garde pour lui la Lutte contre l'itinérance.
Sarrazin, et bien plus
La grande gagnante, c'est elle.
La députée de Groulx devient ministre de la Justice. Mais ce n'est pas tout! Elle cumule six autres responsabilités : les Affaires intergouvernementales canadiennes, les Relations avec les Québécois d'expression anglaise, la Lutte contre le racisme, la Lutte contre la discrimination envers les personnes LGBTQ+, l'Accès à l'information et la Protection des renseignements personnels, et la Laïcité.
Sept chapeaux. Rien de moins.

Admise au Barreau en 2002, cofondatrice de Sarrazin+Plourde, elle s'était fait connaître du grand public comme procureure à la commission Gallant sur le fiasco informatique de la SAAQ. Nous avions misé sur son expérience du litige, de la déontologie, de la gouvernance et des marchés publics. Le premier ministre est allé beaucoup plus loin.
Clin d'œil : son ancien associé, Nicolas Plourde, siège en face, chez les libéraux. Un cabinet, deux partis… et désormais une ministre et un député de l'opposition.
Lebrun, sans surprise
Mathieu Lebrun hérite du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale. Nous lui proposions le Travail.
Logique? Tout à fait. Le député de Rousseau détient un baccalauréat en relations industrielles et une maîtrise en droit. Il a été médiateur-conciliateur en chef au ministère du Travail. Sa biographie ne permet toutefois pas de le présenter comme avocat.
Caucus et discipline
Deux autres juristes obtiennent des fonctions hors du Conseil des ministres.
Nadine Le Gal, députée de Blainville et ancienne directrice générale du Cégep de Saint-Jérôme, devient présidente du caucus gouvernemental. Nous la voyions à l'Enseignement supérieur. Le ministère revient à Elsie Lefebvre.
William Fradette, député de Lac-Saint-Jean et diplômé en droit, devient whip en chef du gouvernement. Nous envisagions pour lui une fonction d'adjoint parlementaire. Il hérite plutôt de la discipline des troupes.
Le tableau de nos paris


Et Handfield et Laporte? Élus, mais pas ministres. Leurs parcours en immigration et en droit constitutionnel rendaient nos propositions cohérentes. Le premier ministre a fait d'autres choix : l'Immigration et l'Intégration vont à la vice-première ministre et leader parlementaire du gouvernement, Catherine Gentilcore. La Langue française revient à Pascal Bérubé, avec la Culture, le Patrimoine et les Communications. Les Relations canadiennes? À Sarrazin.
Voilà les limites d'un exercice fondé sur les spécialités professionnelles. Un cabinet se compose aussi avec les régions, l'expérience politique… et les loyautés.
Un bonus chez les conservateurs
Dans l'opposition, une autre de nos hypothèses s'est concrétisée. Le 7 octobre, Éric Duhaime a nommé Maïté Blanchette Vézina leader parlementaire du PCQ. Nous avions jugé cette fonction plausible, vu son expérience ministérielle.

Le chef conservateur, lui, a invoqué une autre raison : « C'est elle qui a ouvert les portes de l'Assemblée nationale au Parti conservateur il y a déjà quelques mois. »
Le bilan, donc : deux portefeuilles dans le mille, deux juristes à d'autres fonctions, une hypothèse confirmée chez les conservateurs. Pas si mal.
Et pour Sarrazin, un défi de taille. La procureure qui interrogeait les témoins de la commission Gallant devra désormais répondre aux questions. Celles de l'opposition… et de son ancien associé.
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