Recomptage dans Vachon : un avocat radié du Barreau a agi comme conseiller du PQ
Radio Canada
2026-10-27 10:15:44
Pour bénéficier de sa vaste expérience en matière de dépouillement judiciaire, le Parti québécois a fait appel à un avocat. Petit problème, il était radié!

Lors du dépouillement judiciaire dans la circonscription de Vachon, le tribunal a interdit au conseiller du Parti québécois (PQ), Pierre-Hugues Miller, de s’adresser à la juge désignée après que cette dernière a appris que l’avocat était radié du Barreau. Selon nos informations, le Parti libéral du Québec (PLQ) envisage d'utiliser cet élément dans sa contestation de l’élection.
Le Parti québécois a fait appel à l’avocat de formation Pierre-Hugues Miller à titre de conseiller principalement pour bénéficier de sa vaste expérience en matière de dépouillement judiciaire. M. Miller s’est présenté devant le tribunal à titre de conseiller spécial aux côtés de Me Stéphane Chatigny, le seul à représenter officiellement la formation politique, selon le PQ. Pierre-Hugues Miller cumule plusieurs antécédents disciplinaires.
Déjà radié du Barreau à quelques reprises par le passé, il faisait de nouveau l'objet d'une interdiction de pratique depuis le 27 mars 2026. Il était d'ailleurs toujours sous le coup d'une radiation de neuf mois du tableau de l'ordre au moment du dépouillement judiciaire.
Pas d’autorisation du tribunal
Dans un enregistrement sonore obtenu par Radio-Canada, on peut entendre à plusieurs reprises, dès l'ouverture de l'audience en Cour du Québec, Pierre-Hugues Miller s'adresser directement à la juge Marie-Pierre Charland. Ses interventions portent d’abord sur les aspects logistiques de l'exercice, puis sur la présentation du dépouillement par le directeur du scrutin, Jacques Blais. C'est à ce moment-là que les avocats du PLQ s'opposent aux interventions de Pierre-Hugues Miller, prétextant qu’un dépouillement demeure une procédure judiciaire où seuls des avocats en règle peuvent intervenir.
À l'inverse, M. Miller soutient que la Loi sur le Barreau ne s'applique pas à un tel exercice. On est dans un tout autre mode, on est dans un mode plus informel, dit-il à la juge Charland. La magistrate rappelle qu'en vertu de la loi régissant les dépouillements judiciaires, le représentant d’un candidat qui n’est pas avocat ne peut agir au nom de ce candidat. Le tribunal a, par conséquent, signifié à M. Miller qu'il n'était pas autorisé à faire des représentations auprès de la juge ni aux tables des scrutateurs durant l'exercice.

Dans le passé, il y a eu un paquet de monde qui ont fait des représentations dans des dossiers de recomptage judiciaire qui n'étaient pas avocats, soutient-il. De son côté, le Parti québécois indique qu’à titre de conseiller spécial mandataire du candidat Stephan Fogaing, M. Miller avait le droit d'accéder aux tables et de consulter les documents, tout en relayant ses observations à Me Stéphane Chatigny, l’avocat officiel du PQ. Il était très clair pour la Cour que (Me Chatigny) représentait le candidat du Parti québécois, a répondu la formation politique par écrit.
Le Parti libéral conteste le nouveau résultat
En réflexion la semaine dernière, le PLQ a décidé de contester le dépouillement judiciaire qui a renversé la victoire de sa candidate Affine Lwalalika dans la circonscription longueuilloise. Rappelons que Mme Lwalalika avait été créditée de la victoire dans la circonscription de Vachon par 10 voix d’avance le 5 octobre, pour ensuite être déclarée défaite par seulement 3 voix à la suite du dépouillement judiciaire.
Parmi ses arguments, le Parti libéral affirme qu'une vingtaine de bulletins de vote jugés valides le soir des élections ont été annulés par la juge Charland lors du dépouillement en raison d’un ou plusieurs traits de crayon dépassant les limites du cercle prévu.
Nous estimons que l’intention de ces électeurs était sans équivoque et que ces bulletins devraient être déclarés valides au terme d’un nouvel examen judiciaire, a écrit la candidate libérale Affine Lwalalika sur les réseaux sociaux. Notre démarche dépasse le résultat d’une élection : elle soulève une question fondamentale sur le respect du droit de vote de chaque citoyenne et de chaque citoyen.
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