Une nouvelle juge en chef de la Cour d’appel
La Cour d’appel a une nouvelle juge en chef…

Le premier ministre Mark Carney a nommé Geneviève Cotnam comme juge en chef de la Cour d’appel.
Geneviève Cotnam est devenue juge en 2016, quand elle a été nommée à la chambre civile de la Cour du Québec. Deux ans plus tard, elle a été nommée juge à la Cour d’appel. Elle succède à Manon Savard au poste de juge en chef.
Née à Toronto, la juge Cotnam s'est installée au Québec en 1982. Elle fait son cégep en sciences cure, attirée par le raisonnement scientifique. Alors qu'elle hésite entre des études de pharmacie et de microbiologie, son professeur d'économie lui suggère de faire carrière comme avocate. « Je n’y avais jamais songé! » confie-t-elle dans une publication de l’Association du barreau canadien (ABC), soulignant que personne dans son entourage ne travaillait dans le domaine juridique.
Elle se lance dans l’inconnu et à la faculté de droit de l’Université Laval. « J’ai su que j’avais fait le bon choix lorsqu’en première session, mon professeur de droit criminel, M. Antoine Manganas, nous a demandé de mettre en scène un arrêt de la Cour suprême. J’ai alors découvert l’univers du litige, l’importance des faits et l’art de convaincre! », relate-t-elle auprès de l’ABC.
En deuxième année, elle postule « par hasard » à un emploi d'étudiante en droit au sein du cabinet Flynn Rivard. « J’ai eu la chance d’intégrer l’équipe de droit des assurances où j’ai côtoyé des mentors extraordinaires qui m’ont permis de les accompagner à la Cour et de découvrir la pratique à leurs côtés. Ils m’ont appris à travailler, à rédiger des opinions, à gérer des dossiers avec rigueur, efficacité et empathie, à développer une clientèle et à gagner le respect des confrères et consoeurs. »
Geneviève Cotnam obtient son baccalauréat en droit en 1989, et elle est admise au Barreau l’année suivante.
L’avocate exerce successivement chez Flynn Rivard, puis Desjardins Ducharme, avant de rejoindre le cabinet Stein Monast. Sa pratique concentrée en responsabilité civile et professionnelle, ainsi qu'en droit des assurances, l’a amenée à développer une expérience en droit civil et en droit administratif.
Parallèlement, Geneviève Cotnam a été chargée de cours à l’École du Barreau et à la faculté de droit de l’Université Laval, où elle encadrait le concours de plaidoirie Pierre-Basile-Mignault.
« Au-delà de la pratique traditionnelle, j’ai toujours eu à cœur de partager ma passion pour le droit. L’enseignement, que ce soit à l’université Laval ou à l’école du barreau m’a aidé, au contact avec les étudiants, à conserver l’énergie de ma jeunesse et à m’ancrer dans l’essence des principes juridiques. Les conférences et la rédaction de textes juridiques m’ont permis d’approfondir certains sujets. »
Comme avocate, elle a siégé au comité des plaintes du Barreau du Québec. Elle a participé à la préparation du guide des pratiques exemplaires et aux travaux du groupe de travail sur les épargnants. Elle a aussi été membre du comité de la Cour d’appel du Barreau de Québec.
En 2010, Best Lawyers la proclame Avocat(e) de l’année. «C'est flatteur, mais c'est aussi un peu triste de voir qu'il n'y a pas plus de femmes dans la liste», déclare t-elle alors à Droit-inc.
L’ordre professionnel lui a accordé le titre d’avocate émérite en 2012.
Pourtant, sa carrière d’avocate n’a pas toujours été un fleuve tranquille. « J’ai aussi beaucoup appris de mes défaites, de la perte de clients, du départ de certains mentors vers d’autres cabinets et de deux liquidations de bureaux d’avocats. Ces embûches m’ont forcée à me redéfinir. »
Quand elle a été nommée juge, Geneviève Cotnam dit avoir « dû vivre certains deuils : ne plus côtoyer certaines personnes au quotidien, cesser d’enseigner et de publier, perdre contact avec des clients que j’appréciais. »
En regardant son parcours avec du recul, Geneviève Cotnam ajoutait: « avec le recul, j’ai bien fait d’écouter les conseils de mon professeur d’économie. »
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