Action collective contre Amazon

Action collective contre Amazon
Didier Bert

Didier Bert

2026-04-29 10:15:13

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Amazon manipulerait les prix: une demande d’action collective réclame des comptes. Qui est l’avocat?

Amazon aurait-elle mis en place un système illégal de fixation des prix à la hausse, en coordination avec ses fournisseurs et des détaillants concurrents?

David Assor - source : Lex Group

C’est ce qu’allègue une demande d’autorisation d’une action collective, déposée devant la Cour supérieure par Me David Assor du cabinet Lex Group. L’avocat représente le demandeur, un consommateur québécois identifié par les initiales S.M.

Le demandeur effectuait régulièrement des achats sur les plateformes de commerce d’Amazon. Il comparait les prix affichés sur les sites Amazon.ca et Amazon.com avec ceux des autres détaillants en ligne, comme Walmart et Best Buy.

Or, le demandeur affirme que les prix étaient artificiellement gonflés, non seulement sur les plateformes d'Amazon mais aussi sur les plateformes concurrentes. Quelles que soient ses tentatives de trouver le meilleur prix, il faisait face à des prix corrigés avant même qu'ils s'affichent sur son écran.

Un stratagème élaboré

La demande s'appuie sur une poursuite déposée contre Amazon le 15 septembre 2022 en Californie. Celle-ci alléguait un vaste stratagème illégal de fixation des prix du détail.

Le 20 avril 2026, le procureur général de Californie a divulgué les preuves démontrant ce stratagème.

Selon les allégations de la demande, Amazon aurait mis en place un système organisé de fixation des prix impliquant ses fournisseurs comme intermédiaires. Le schéma fonctionnerait ainsi : lorsqu'un concurrent comme Walmart, Target, Chewy ou Home Depot affiche un produit à un prix inférieur à celui d'Amazon, cette dernière contacte le fournisseur commun et lui demande de « corriger » ou de « gérer » la situation.


Sous la menace de sanctions — suppression de leurs produits du site Amazon, exclusion des promotions comme le Prime Day, pénalités financières — les fournisseurs s'exécutent et font pression sur les concurrents pour qu'ils augmentent leurs prix, ou même qu’ils retirent leurs produits des plateformes offrant de meilleurs tarifs.

La demande cite plusieurs exemples précis et documentés. Ainsi, « Amazon a envoyé à Levi's des liens vers des pantalons kaki vendus à un prix inférieur sur Walmart.com (de 25,47 $ à 26,99 $), demandant que l'écart de prix soit « réglé ». Le lendemain, Levi's a rapporté avoir parlé à Walmart, qui avait accepté d'augmenter le prix à 29,99 $. Amazon a confirmé que « le prix mis à jour de 29,99 $ s'affiche maintenant sur [Amazon] ». Les prix des deux détaillants ont ainsi augmenté, passant de 25,47 $–26,99 $ à 29,99 $, au détriment des consommateurs », illustre la demande d’action collective.

Elle indique également qu’Amazon aurait formé ses employés à éviter les échanges écrits sur ces sujets. Ils doivent privilégier les conversations téléphoniques pour ne pas laisser de traces. Cela suggère que les pratiques illicites dépasseraient largement ce que les preuves documentaires permettent déjà d’établir, selon le demandeur.

En utilisant de telles pratiques, Amazon violerait la Loi sur la concurrence, plusieurs articles du Code civil du Québec sur la responsabilité extracontractuelle et contractuelle, ainsi que la Loi sur la protection du consommateur (LPC) qui interdit les pratiques commerciales trompeuses.

Le demandeur souhaite être désigné représentant de toutes les personnes ou entités au Canada ayant acheté des produits sur Amazon.ca ou Amazon.com depuis le 1er janvier 2018 ayant payé des prix artificiellement gonflés.

La poursuite demande à la Cour supérieure de condamner Amazon à cesser de telles pratiques de fixation des prix, à verser des dommages compensatoires, ainsi que des dommages punitifs et exemplaires aux membres du groupe.

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