Action collective contre Gildan
Gildan est accusé d’avoir gonflé ses revenus et sa valeur boursière. Un investisseur lance une action collective. Qui sont les avocats?
Le fabricant de vêtements Gildan a-t-il induit en erreur les investisseurs en gonflant artificiellement son chiffre d’affaires?
C'est à cette question que devra répondre la Cour supérieure du Québec si elle autorise la demande d'action collective qui vise l'entreprise montréalaise et ses dirigeants Glenn Chamandy qui est le PDG de Gildan, Luca Barile, vice-président exécutif et chef de la direction financière, Chuck Ward, vice-président exécutif et chef de l’exploitation, et Benito Masi, président de la fabrication.

Le demandeur est Omar Dabbous, un résident de Toronto, qui est représenté par Me Émilie Kokmanian du cabinet Scott+Scott et par Me Maxime Nasr et Me Jacquelin Charbonneau-Dufresne du cabinet Belleau Lapointe.
Le demandeur accuse Gildan et plusieurs de ses dirigeants d'avoir publié des documents et fait des déclarations publiques qui contenaient des informations fausses et trompeuses, ou qui omettaient de divulguer des faits importants en lien avec la situation financière de l'entreprise.

Il allègue également que les défenderesses ont manqué à leur obligation d'information occasionnelle en omettant d'aviser les membres du groupe d'un changement important dans l'activité, l'exploitation ou le capital de Gildan.
Ventes gonflées, action en chute
Les allégations visent des faits ou des omissions qui se sont déroulés entre le 31 juillet 2025 et le 15 juin 2026.
« Or le 16 juin 2026, les investisseurs apprennent, pour la première fois, que Gildan gonflait artificiellement son chiffre d’affaires en poussant des volumes excédentaires de produits finis vers ses clients et distributeurs, procédant ainsi à du « channel stuffing » (gonflement de canaux de distribution) afin de masquer sa croissance réelle négative », indique la demande d’autorisation.
La réaction du marché boursier ne tarde pas : la valeur des actions de Gildan chute de presque 20 % à la bourse de Toronto et à la bourse de New York.
Le 16 juin, c’est la firme d’investissement américaine Jehoshaphat Research qui révèle que les défenderesses ont dissimulé la croissance organique réelle négative de Gildan. Pour ce faire, elles auraient incité des clients et distributeurs à accepter davantage de produits qu'ils n’en avaient besoin pour un trimestre donné, reportant ainsi à plus tard le manque de demande réelle pour les produits finis de Gildan ».
« En raison de ce gonflement, Gildan peut s’attendre à une cannibalisation de la demande future pour ses produits finis et, par ce fait même, une baisse de produits potentielle d’environ 780 millions $ au cours du second semestre de l’exercice 2026 », précise la poursuite.
Le demandeur invoque des manquements à la Loi sur les valeurs mobilières, et invoque un recours en responsabilité extracontractuelle en vertu du Code civil du Québec.
Le demandeur souhaite être désigné représentant des membres du groupe « toute personne ayant acheté des titres de Gildan Activewear Inc. entre le 31 juillet 2025 et le 15 juin 2026 inclusivement, et qui détenait la totalité ou une partie de ces actions en date du 16 juin 2026 ». Le groupe pourrait être composé de plusieurs milliers de personnes.
La poursuite demande au tribunal de condamner les défenderesses à payer solidairement des dommages-intérêts à chaque membre du groupe.
Partager cet article: