Action collective contre Google

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Didier Bert

Didier Bert

2026-07-10 10:15:59

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Google Gemini écouterait illégalement des communications privées : une action collective est déposée. Qui sont les avocates?

La Cour supérieure se penchera sur une demande d’autorisation d’une action collective visant Google.


Emilie Kokmanian (source : Scott+Scott) et Chelsea Smith (source : LinkedIn)

Son application Google Gemini intercepte et enregistre intentionnellement des communications privées des utilisateurs sans leur consentement, allègue la poursuite.

La demanderesse est Justine Bonczek, une résidente de Huntingdon. Elle est représentée par Me Emilie Kokmanian du cabinet Scott+Scott et par Me Chelsea Smith du cabinet McKenzie Lake Lawyers.

La demanderesse a acheté et utilisé divers appareils compatibles avec Google Assistant ou Google Gemini, tels qu'un Google Nest Mini et un téléphone intelligent Samsung Galaxy A15.

Or, elle s’est aperçue que Google Gemini écoute ses conversations, notamment lorsque le logiciel active son mode d'écoute par erreur, c’est-à-dire sans qu'un mot de Réveil de type « Hey Google » n'ait été prononcé ni qu'un bouton n'ait été pressé.

Au cours des six derniers mois, Justine Bonczek a remarqué que des publicités particulièrement ciblées apparaissent sur ces appareils compatibles. « Curieusement, ces publicités affichaient souvent un produit ou un service lié à une conversation que la demanderesse ou une autre personne avait eue quelques jours auparavant, à portée d'oreille de ses appareils compatibles avec Google Assistant », souligne la poursuite.

Après avoir parlé avec son mari et sa belle-mère de la nécessité d'acheter un siège d’auto pour son fils, elle remarque que des publicités pour des sièges d’auto apparaissent sur ses appareils.


Alors que son fils rencontre des difficultés à porter des chaussures, des publicités vantent des chaussures pour tout-petits présentées comme étant « faciles à enfiler » ou « sans stress ».

Or, « dans aucun des cas mentionnés ci-dessus, la demanderesse ou toute autre personne n'a prononcé un mot de réveil ni appuyé manuellement sur un bouton de l'un ou l'autre des appareils compatibles avec Google Assistant », précise la demande d’autorisation.

Quand elle a acquis les produits, « la demanderesse s'est fiée aux représentations de Google concernant l'étendue de la collecte, de l'utilisation et de la divulgation des communications », indique la poursuite.

Des violations multiples

Pour la demanderesse, ces faits constituent une atteinte à la vie privée protégée par le Code civil du Québec et par la Charte québécoise, une violation de la Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé, une violation contractuelle, une violation de la Loi sur la protection du consommateur, et une violation de la Loi sur la concurrence.

Justine Bonczek souhaite être désignée représentante des membres du groupe composé de toutes les personnes résidentes du Québec qui, depuis le 4 octobre 2016, ont acheté, possédé ou utilisé un appareil intelligent fabriqué par Google, sur lequel est préinstallé Google Assistant ou Google Gemini, ou qui est compatible avec ces applications.

La demanderesse réclame que la Cour supérieure ordonne à Google de cesser d'induire en erreur les usagers concernant la confidentialité et la sécurité de Google Gemini, ainsi que de divulguer et de corriger ses déclarations antérieures fausses et trompeuses.

Elle entend que le tribunal ordonne à Google de s’abstenir d’intercepter, de collecter, d’enregistrer, de conserver, de transmettre, de partager avec des tiers et/ou d’utiliser à des fins commerciales les communications obtenues sans le consentement des usagers.

La demanderesse souhaite aussi que des dommages punitifs de 500 $ soient versés à chaque membre du groupe, ainsi que des dommages compensatoires ou un remboursement de leurs dépenses.

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