Clientèle autochtone : les repères du Barreau pour mieux servir
Thomas Vernier
2026-10-01 07:00:54
Prendre plus de temps, valider la compréhension, respecter la tradition orale : le Fonds d'assurance du Barreau publie des conseils pratiques…

Servir un client autochtone exige davantage que les bonnes intentions. Le Fonds d'assurance responsabilité professionnelle du Barreau du Québec a publié, le 29 septembre, une série de repères concrets pour aider les avocats à bâtir une relation de confiance avec cette clientèle.
La publication a été préparée avec la collaboration de Me Fanny Wylde, avocate algonquine originaire de Pikogan. Elle est devenue en 2007 la première avocate de la nation algonquine au Québec, et le Barreau lui a décerné le Mérite Justice autochtone au printemps.
Un contexte à comprendre
Le texte part d'un constat. Certaines personnes autochtones associent les tribunaux à des expériences historiques difficiles. Leurs traditions peuvent aussi privilégier « la réparation et le rétablissement des liens au sein de la communauté », plutôt que l'accent mis sur les droits individuels.
La tradition orale compte, et le droit la reconnaît. Le texte rappelle que depuis l'arrêt Delgamuukw c. Colombie-Britannique, les récits oraux peuvent servir de preuve.
Des gestes simples
Le Fonds recommande :
- d'éviter les présupposés culturels;
- de bien expliquer le mandat et les étapes du processus;
- de combiner communication écrite et orale;
- de prévoir plus de temps pour les rencontres;
- de poser des questions courtes et de faire reformuler pour valider la compréhension;
- de respecter le rôle possible de l'entourage, tout en protégeant le secret professionnel;
- de reconnaître ses propres limites.
Rien de révolutionnaire, prévient en substance le Fonds : il s'agit d'appliquer des principes déontologiques existants « avec une sensibilité accrue aux réalités autochtones ». Et c'est un marché qui grandit : le droit autochtone attire de plus en plus de cabinets.
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