Deux avocats dénoncent le profilage racial à Montréal-Nord
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Martine Turenne
2017-01-25 13:56:00
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La juge Juanita Westmoreland-Traoré vient de lui donner raison dans une cause qu’elle représentait au Palais de justice de Montréal, en acquittant, mardi, deux jeunes de Montréal-Nord. Elle a évoqué des arrestations « illégales et arbitraires ».
L’incident dans lequel ils étaient impliqués remonte au 20 septembre 2013. Présents dans un salon funéraire où on rendait hommage à un ex-membre d’un gang de rue tué en prison, ces jeunes, non-criminalisés au moment des faits, ont été pris en photo par des membres de la Section Enquête du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), rapporte Metro.
Un accrochage a suivi avec des policiers. Mais les témoignages ont été jugés contradictoires par la juge Westmoreland-Traoré, et niés par les accusés. Leur témoignage a été jugé crédible par la juge Traoré, qui a précisé que « l’impolitesse n’est pas criminalisée ».
Ces faits ne seraient qu’un exemple de pratiques « récurrentes » à Montréal-Nord, a dit Me Carl-Henry Dominique, l’un des avocats de la défense, à Metro. « Les policiers viennent refaire leur album photo, c’est du profilage racial », clame-t-il.
Ce terme a toutefois été rejeté par la juge Traoré. C’est cette magistrate qui a évoqué pour la première fois cette pratique au Québec, dans l’affaire Campbell, en 2005.
« Jamais un policier ne dira qu’il a arrêté un jeune, car il est noir et qu’il veut le ficher, a dit Me Dominique à Metro. C’est un combat que nous devons continuer de mener. »