La Place Bonaventure évite la mise sous séquestre
La Cour supérieure refuse la demande de La Caisse de mettre la Place Bonaventure sous séquestre. Qui sont les avocats?

La Cour supérieure du Québec a rejeté une demande rare de retirer les pouvoirs de gestion aux administrateurs dûment élus de sociétés solvables.
L’affaire met aux prises deux grandes caisses de retraite canadiennes, d’une part La Caisse à travers sa filiale Otéra Capital, et d’autres part Investissements PSP, propriétaire de la Place Bonaventure conjointement avec Immeubles Rimanesa - autrement appelée Kevric.
Otéra Capital est représentée par Me Sylvain Rigaud, Me Hugo Lefebvre et Me Se-Line Duong du cabinet Rigaud Légal.

PSPIB-RE Direct est représentée par Me Gerald F. Kandestin et Me Jeremy Cuttler du cabinet Kugler Kandestin.
Me Jean-Yves Simard, du cabinet Prelia, conseille Gestion Immeuble Place Bonaventure.
Quant à Me Hugo Babos-Marchand et Me Rosemarie Sarrazin, du cabinet McCarthy Tétrault, ils représentent PwC.
Du combat d’oreillers à l’arme nucléaire

Le litige voit donc s’affronter des acteurs majeurs autour d’un édifice phare du centre-ville montréalais. « C’est probablement ce qui explique l’approche feutrée préconisée dans les procédures au dossier. Les parties ont choisi d’enfiler leurs plus beaux gants de velours afin de mener un combat d’oreillers qui détonne avec la portée des conclusions recherchées, qui elles relèvent du déploiement de l’arme nucléaire : le retrait complet de toutes prérogatives de gestion aux administrateurs dûment élus de sociétés solvables. Dit autrement, il y a asymétrie entre les moyens entrepris et les fins recherchées », illustre le juge Luc Morin de la Cour supérieure, dans son jugement.

En août 2025, Investissements PSP s’est montrée prête à abandonner la Place Bonaventure plutôt que de rembourser une créance de 200 millions de dollars, soit le solde d’un prêt hypothécaire de 230 millions de dollars renouvelé par Otéra Capital en 2020. Le prêt est garanti par une hypothèque de 230 millions de dollars en plus d'une hypothèque additionnelle de 57 millions de dollars grevant la Place Bonaventure.
Cependant, Kevric a refusé l'abandon de l’immeuble.

Aussi, en janvier dernier, La Caisse a déposé une demande de mise sous séquestre, ce qui aurait conduit à ôter toutes les prérogatives de gestion des administrateurs alors que la société demeure solvable.
« La valeur de la Place Bonaventure dépasse de plusieurs millions de dollars le montant de la créance garantie », souligne le juge Morin. La valeur de l'édifice s'établit à 290 millions de dollars, en chute comparativement aux 455 millions de dollars qu'il valait en 2020.

Les deux parties devront donc continuer de négocier pour déterminer le sort de la créance de 200 millions de dollars… sans oreillers ni arme nucléaire.
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