Outrage au tribunal : Mylène Hébert en prison
Radio Canada
2026-07-24 12:00:17
Mylène Hébert a été reconnue coupable dans une histoire de diffamation envers l’ex-maire de Drummondville.
Une Drummondvilloise a été condamnée à huit mois d’emprisonnement dans une histoire de diffamation envers l’ex-maire de Drummondville, Alain Carrier.
Mylène Hébert alléguait sur les réseaux sociaux que l’ancien politicien était impliqué dans des réseaux de pédophilie et de trafic sexuel.

Le 13 juillet dernier, la Cour l’a reconnu coupable d’outrage au tribunal, comme elle n’a pas respecté trois ordonnances judiciaires. Elle a, entre autres, refusé de retirer de ses réseaux sociaux des publications jugées diffamatoires.
Mylène Hébert a également refusé de publier sur Facebook et TikTok, le jugement du 15 janvier qui concluait que ses propos sur Alain Carrier étaient faux et diffamatoires. De plus, elle n’a pas voulu débloquer l’accès à ses réseaux sociaux à l’ex-maire.
Il s'agit de sa 3e condamnation pour outrage, dans cette affaire, en raison de son non-respect des ordonnances. C’est son refus clair et délibéré de suivre les directives de la Cour qui a motivé la décision du juge Antoine Aylwin de lui imposer l’une des peines les plus sévères pour ce type d’infraction.
Il est difficile d’imaginer un cas plus évident de défiance de l’autorité du système de justice, ce qui appelle une condamnation exemplaire dans le haut de la fourchette prévue. L’absence de Mme Hébert lors de l’audience démontre l’absence de respect qu’elle porte à l’autorité des tribunaux, alors que sa présence est requise , peut-on lire dans le jugement.
Mise en détention
Mylène Hébert a été appréhendée le 19 juillet par la Sûreté du Québec et amenée en détention, car elle n’avait pas respecté son délai de cinq jours pour se rendre elle-même au poste de police.
Jusqu’à son arrestation, Mylène Hébert s’opposait ouvertement à la décision qui la condamnait, à la peine d’emprisonnement et l'amende de 10 000 $. Elle a affirmé sur ses réseaux sociaux faire la grève de la faim et de la soif pour s’opposer au jugement. Mylène Hébert a plus de 35 000 abonnées sur ses réseaux sociaux. Certaines de ses vidéos sont vues par des centaines de milliers de personnes. Elle avait invité la population à venir la soutenir dans une manifestation devant le poste de police avant son arrestation. Au final, une dizaine de personnes ont répondu à son invitation.
Litige qui s’étend

C’est une saga judiciaire qui perdure depuis plus d’un an déjà. En mai 2025, M. Carrier avait déposé une injonction pour demander à Mylène Hébert de cesser de le diffamer, lui et son entreprise. En plus de ce qu'elle affirmait déjà sur ses réseaux sociaux, Mylène Hébert a ajouté, pendant le procès, qu’Alain Carrier avait comploté pour qu’elle soit agressée sexuellement par un chanteur connu. Le jugement civil du 15 janvier ne reconnaît aucune de ces prétentions. Au contraire, il souligne que la preuve convainc plutôt le tribunal que l’on nage ici dans le délire et que Mme Hébert est manifestement déconnectée de la réalité.
Les avocats des parties (ajoutés par Droit-inc)
Les avocats d’Alain Carrier
Me Christine Jutras et Me Frédéric Jutras-Komlosy du cabinet Jutras et Associés.
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