Sirop d’érable falsifié : des épiciers visés par une demande d’action collective
Radio Canada
2026-08-19 13:15:24
Une demande d'action collective a été déposée en avril dernier contre la compagnie de l’acériculteur Steve Bourdeau…
Les chaînes Metro, Sobeys et Loblaw ont une responsabilité dans l'affaire du sirop d'érable frelaté, selon le cabinet d’avocats Slater Vecchio, qui souhaite représenter l'ensemble des consommateurs lésés dans une action collective. Le printemps dernier, Enquête révélait qu'un important producteur de sirop d’érable de la Montérégie vendait du sirop d’érable coupé avec du sucre de canne.
Le cabinet Slater Vecchio, qui a entamé des démarches pour mener une action collective contre ce producteur, met maintenant en cause les trois géants canadiens de l'alimentation, ainsi que Groupe Épicia, propriétaire des épiceries ValMont.
Le producteur Steve Bourdeau et les chaînes d'alimentation auraient induit en erreur (...) des millions (d’)acheteurs du Canada, quant à la composition, à la qualité ou à l’origine du sirop d’érable qu’elles ont produit, distribué ou vendu, écrit le cabinet dans une nouvelle mouture de sa demande d’action collective déposée en Cour supérieure.
Les épiceries ont (...) fait preuve de négligence, imprudence, insouciance ou indifférence grave, au mépris de la confiance de leurs clients, en vendant pendant plusieurs années le sirop d’érable de (la compagnie de Steve Bourdeau), ajoute-t-on. Le bas prix du sirop d’érable de ce producteur aurait, entre autres, dû éveiller leurs soupçons, fait valoir le cabinet.
Metro, Sobeys et le Groupe Épicia ont déjà manifesté leur intention de contester la demande d’action collective, tout comme l’entreprise de Steve Bourdeau. Loblaw n’a pas encore communiqué ses intentions. Si la demande d’action collective est autorisée par le tribunal, des millions de dollars pourraient potentiellement être réclamés solidairement à ces compagnies.
Le cabinet d’avocats soutient d’ailleurs que des problèmes concernant le sirop de M. Bourdeau étaient connus bien avant la diffusion du reportage de l’émission Enquête en avril dernier. En 2016, des tests du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) avaient notamment déterminé qu’une conserve de sirop d’érable de M. Bourdeau était non conforme, en raison d’un goût anormal qui masquait la flaveur d’érable.
Devant les caméras cachées de l’émission Enquête, l’acériculteur s’était vanté de vendre ses produits à bas prix dans des centaines d’épiceries au Québec et en Ontario. M. Bourdeau avait ensuite dit à Enquête qu’il ne modifiait pas son sirop et rejetait la faute sur ses fournisseurs. « Peut-être qu'on s'est fait passer une batch. On va essayer de trouver d’où ça vient. Je vais faire mon enquête. »
De nouveaux échantillons frelatés
Pour soutenir sa demande d’action collective, le cabinet Slater Vecchio a fait analyser quatre conserves de sirop d’érable pur de l’entreprise de Steve Bourdeau par le laboratoire du Centre ACER. Résultat : tous ces échantillons étaient coupés avec un autre sucre. Le printemps dernier, l’émission Enquête avait pour sa part fait tester en laboratoire cinq conserves de Steve Bourdeau, provenant de différents lots.
Tous les échantillons étaient aussi frelatés et contenaient au moins 50 % de sucre de canne. Un rapport d’inspection du MAPAQ, rendu public grâce à la loi sur l'accès aux documents, indique par ailleurs qu’un autre échantillon de sirop d’érable de Steve Bourdeau, vendu sous le nom Le Sirop Angela, était lui aussi frelaté, selon des tests de pureté effectués par le Centre ACER. « Ce sirop goûte le sirop de maïs, comme (la marque) Aunt Jemima », s’était plaint un consommateur.
Les avocats des parties (ajoutés par Droit-inc)

La partie demanderesse : Maude Fraser-Jodoin
Mes Saro Turner, Andrea Roulet, François Pariseau et Guillaume Savard du cabinet Slater Vecchio.
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