Vous ne vous ennuierez pas en lisant ces jugements !
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Julien Vailles
2017-04-28 15:00:00
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Droit-inc a répertorié ces affaires qui se démarquent de par les commentaires des juges… En voici la première partie...
«Né de la poussière, destiné à y retourner...»
Certains magistrats commencent leur décision avec panache. Ainsi, la Cour suprême du Canada rendait en 2008 le très célèbre arrêt Ciment du Saint-Laurent c. Barrette, une affaire de troubles de voisinage causés par une cimenterie, qui consacrait le principe de responsabilité sans faute en droit civil. Devant l’affaire ardue qui se présente à lui, le juge Louis LeBel commence ainsi sa décision : « Né de la poussière, destiné à y retourner, l’être humain se résigne mal à vivre en elle. Parfois, las du balai et du seau d’eau, il n’hésite pas à recourir aux tribunaux pour lui échapper. Le présent dossier le confirme. »
« Mon pays, ce n’est pas un pays, c’est l’hiver! »
Ayant reçu un constat d’infraction pour ne pas avoir immobilisé son véhicule face à un panneau d’arrêt, une défenderesse fait valoir une défense d’impossibilité en arguant que la glace l’a empêchée de se conformer à la signalisation. Pour situer l’affaire, le juge Gilles R. Pelletier de la Cour municipale de Montréal cite Gilles Vigneault en ces termes : « Le poète a écrit, il a dit, et il a surtout chanté : "…mon chemin, ce n’est pas un chemin, c’est la neige; mon pays, ce n’est pas un pays, c’est l’hiver!" » Il poursuit en disant que ce n’est assurément pas à notre « poète et barde national » que pensait la défenderesse lors des faits!
Roméo et Juliette
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Mets princier et bon ragoût
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Éternel Confucius
L’honorable Mario Gervais, quant à lui, a conclu en citant Confucius dans une affaire basée sur la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents : « Le courage consiste à faire ce qui est juste ». Il tire ainsi un parallèle avec l’article 2 de la Charte des droits et libertés de la personne, qui oblige à porter secours à une personne en détresse.
De leurs propres crus…
Bien sûr, il y a aussi certains incontournables, comme le jugement R. c. Mailhot, de 1978, entièrement rendu en alexandrins par le juge Jacques Pagé. Il s’agissait d’une affaire de pêche à la perchaude au moyen d'une épuisette sans permis.
En voici un extrait:
« La preuve devant la Cour fut brève et sans éclat
Les gestes de l'accusé, l'agent en fit état.
Et ainsi décrivant d'un pêcheur hasardeux
Près d'un ruisseau tranquille, les agirs scandaleux.
Il scruta de ces ondes la bouche d'une épuisette
Mais des nombreuses perchaudes j'ignore le décompte net.
Et plusieurs fois je vis cet outil dangereux
Fouiller en profondeur les eaux calmes de ces lieux. »
L’accusé a été acquitté...
Et vous, pensez-vous à d’autres jugements du style?