Quoi faire ce soir? Un apéro de vins natures!

David Santerre
2011-09-16 16:00:00
Et rassurez vous, l’évènement n’est pas réservé qu’à un public d’initiés triés sur le volet.
Quiconque aime le vin, est intéressé de découvrir d’autres méthodes de production, plus saines, plus authentiques, plus déroutantes aussi, que ce à quoi on est habitué des vins de grosses maisons de ce monde, trouvera son compte ce soir à la SAT.

Mais de quoi parle-t-on exactement quand on dit vins nature?
Brièvement, disons qu’il s’agit dans un premier temps de vins généralement issus d’agriculture biologique ou biodynamique, donc cultivés dans le respect de l’écosystème et sans ajout de fertilisants ou pesticides de synthèse.
La plupart des producteurs de vins nature sont aussi de tous petits vignerons travaillant avec des rendements très limités pour maximiser la qualité du raisin. Et pas qu’un petit groupe de fou œuvrant au sein d’appellations méconnues. Certains grands vins sont naturels aussi. Il n’y qu’à penser au plus célèbre d’entre eux, le grand Morgon du défunt Marcel Lapierre.
Les vendanges sont effectuées manuellement, et les fermentations stimulées par le seul apport des levures indigènes produites naturellement par le raisin, et non par l’ajout de levures industrielles qui dopent la fermentation.
Et peu ou pas de souffre n’est ajouté pendant le processus. Ces fameux sulfites dont la présence est obligatoirement mentionnée sur chaque bouteille de vin qu’on achète. Ces sulfites ajoutés dans le vin pour le stabiliser, mais qui sont responsables de bien des maux de têtes les lendemains de soirées trop arrosées…
Évidemment, il y a des sulfites dans les vins natures. Le raisin et le processus de vinification en produisent naturellement, mais une infime quantité. Pour qu’un vin soit considéré comme nature, il doit contenir moins de 10 milligrammes par litre pour le rouge, et 25 pour les blancs, rosés et liquoreux. En comparaison, les règles européennes (CEE) imposent une maximum de souffre de 160 pour les rouges, 210 pour les blancs et rosés, et 400 pour les liquoreux.

Ah oui… Ils ont aussi quelques inconvénients.
Si ces vins sont les plus authentiques qui soient, le non ajout de sulfites, qui agissent comme stabilisant, les rend plus vulnérables à une foule de facteurs externes, comme un transport chaotique ou les variations atmosphériques. On peut à l’occasion, dans une caisse, tomber sur une bouteille « qui n’est pas en forme ».
Il faut aussi les entreposer avec plus de soin et idéalement, dans bien des cas, les carafer pour atténuer leur parfum parfois animal et une petite pointe pétillante remarquables seulement dans les instants suivants l’ouverture de la bouteille.
Mais c’est un monde à découvrir, et ce soir, pour votre 5 à 7, trois petites agences se spécialisant surtout dans l’importation privée, qui est soit dit en passant un mode d’achat aussi simple que de passer à la SAQ, vous feront partager leur passion pour les vins natures. Une quinzaine de vins sont en dégustation, au coût d’un verre pour un coupon de dégustation de 3 $. La plupart des vins en dégustation se détaillent entre 20 et 30 $ la bouteille. Vous pourrez également déguster les succulentes charcuteries bio de Fou du cochon et scie, de la Pocatière dans le Bas-Saint-Laurent.
Bref présentation des trois agences, et un coup de cœur chez chacune!
- La QV: La petite agence de Cyril Kérébel est une de plus dynamiques sur le marché des vins biodynamiques et nature. Parmi ses échantillons, mon coup de cœur, un Vouvray demi-sec 2004, du domaine Lemaire Fournier. Moelleux, il sent la cire d’abeille, l’abricot, les noix. En bouche, il est d’une agréable fraîcheur, affiche une belle minéralité. Un beau Vouvray pour le foie gras, les fromages, ou même à boire seul pour le plaisir des sens!
- Primavin: un vin de pays des Côtes Catalanes original, un pétillant naturel (pet nat pour les intimes) de Loire, mais surtout, un bordeaux très charmant. Rare sont les vins natures dans le Bordelais. Le Château Mirebeau 2007, de Pessac-Leognan, appellation aujourd’hui enclavée dans l’étalement urbain bordelais et qui compte Haut-Brion comme illustre résident, est une rarissime cuvée composée uniquement de merlot, alors que les assemblages font la loi à Bordeaux. D’une grande finesse, avec un nez de petits fruits rouges, de cacao amer, d’épices, des tanins fondus, et une belle longueur en bouche.
- Labelle Bouteille: Ici, c’est un italien du Piedmont, La Rovere 2009, de la maison Cascina Roera, un vin issu du cépage barbera, gourmand, chargé de beaux fruits noirs murs, de fines herbes fraiches, qui m’a séduit. Un style tout en fraicheur au fruit pur. Cette agence importe de jolis vins d’Italie.