Jeffrey Ewert n'est plus inscrit en droit à McGill
Rene Lewandowski
2026-11-04 12:00:59
Le détenu en semi-liberté admis à la Faculté de droit cet automne n'est plus étudiant. McGill lance un examen indépendant de ses procédures d'admission.

Fin de parcours à McGill pour Jeffrey George Ewert.
Dans une déclaration publiée le lundi 2 novembre, la provost et vice-rectrice principale aux études, Angela Campbell, a annoncé qu'une personne en libération conditionnelle de jour, admise à la Faculté de droit cet automne, n'était plus inscrite. Elle ne l'a pas nommée, mais la déclaration fait suite aux informations publiées en octobre sur son inscription.
Aujourd'hui sexagénaire, Jeffrey Ewert purge deux peines d'emprisonnement à perpétuité pour des agressions commises en 1984 en Colombie-Britannique. Il suivait des cours de droit à McGill depuis août.
La déclaration ne précise pas si l'université a révoqué son inscription ou s'il s'est retiré. McGill dit ne pas pouvoir commenter de cas précis pour des raisons de confidentialité.
« La principale obligation de McGill est notre devoir de protection envers toutes les personnes qui étudient, travaillent et vivent sur nos campus », écrit Angela Campbell.
L'université a lancé un examen indépendant de ses procédures et protocoles d'admission, qui durera plusieurs mois. L'objectif : s'assurer que les procédures « sont suffisamment rigoureuses, qu'elles définissent clairement les responsabilités et qu'elles reflètent nos valeurs, notre mission académique et notre devoir de diligence ».
La vérification des antécédents judiciaires ne fait généralement pas partie des procédures d'admission des universités canadiennes, rappelle McGill. L'établissement ne ferme pas pour autant la porte aux personnes condamnées. « Nous croyons en la réinsertion et au pouvoir de l'éducation de transformer des vies. Par conséquent, les condamnations antérieures n'empêchent pas, à elles seules, quiconque d'étudier ici », souligne la déclaration.
La vice-rectrice reconnaît aussi que l'affaire a mis les étudiants sous pression et que « des points de vue divergents sur les évènements récents ont créé des tensions au sein de notre communauté ».
Côté correctionnel, Service correctionnel Canada a confirmé avoir émis un mandat de suspension de la libération conditionnelle de Jeffrey Ewert, placé en détention pendant le réexamen de sa situation. L'agence peut annuler la suspension dans un délai de 30 jours ou renvoyer le dossier à la Commission des libérations conditionnelles du Canada.
Le nom de Jeffrey Ewert est bien connu des juristes : il est l'appelant dans l'arrêt Ewert c. Canada, rendu par la Cour suprême en 2018, sur la fiabilité des outils d'évaluation du risque utilisés auprès des détenus autochtones.
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