Immigration : deux avocats mettent les partis au pied du mur
Thomas Vernier
2026-10-05 10:30:59
À la veille du scrutin, deux avocats réclament six correctifs en immigration. Les règles actuelles, disent-ils, nuisent autant aux entreprises qu'aux travailleurs…

Deux avocats en droit de l'immigration profitent des derniers jours de la campagne électorale pour demander au prochain gouvernement de corriger des règles qu'ils jugent nuisibles aux travailleurs étrangers et aux entreprises québécoises.
Me Yves Martineau, coprésident de l'Association québécoise des avocats et avocates en droit de l'immigration (AQAADI), et Me Maxime Lapointe, avocat à Québec, ont formulé six demandes dans un article publié samedi par TVA Nouvelles. Les Québécois votent lundi.
Ce que demande l'AQAADI
L'association veut d'abord que le prochain gouvernement rétablisse la confiance dans le système d'immigration, après des années de changements soudains.
Elle réclame aussi le retrait des quotas au parrainage de conjoints. Selon Me Martineau, la réunification prend deux fois et demie plus de temps au Québec qu'ailleurs au pays. « On prive des enfants de leurs parents, dans quel monde c'est acceptable? » demande-t-il.

Enfin, Me Martineau veut qu'on cesse de blâmer les demandeurs d'asile. Un demandeur refusé n'est pas un faux demandeur, fait-il valoir. Il avance que l'obtention de la résidence permanente prend 13 mois hors Québec, contre plus de 10 ans au Québec.
Un moratoire réclamé à Ottawa
Me Lapointe, fondateur du cabinet Maxime Lapointe & Associés, s'attaque à deux mécaniques fédérales. Il veut que Québec demande à Ottawa un moratoire sur les refus de prolongation de permis de travail après 90 jours.
Selon lui, Service Canada met de six à sept mois à traiter une Évaluation de l'impact sur le marché du travail (EIMT), et Immigration Canada refuse la prolongation faute de ce document. Il y voit « une stratégie concertée », le délai étant d'un mois et demi l'an dernier.
L'avocat demande aussi de retirer le mot « rural » de la mesure qui permet à une entreprise dépassant le plafond de 10 % de travailleurs étrangers de les conserver un an de plus. Les entreprises urbaines, à Québec notamment, vivent les mêmes problèmes, plaide-t-il. « Ça devrait être partout, sauf peut-être à Montréal. »
Des avocats prévenaient dès 2025 que les restrictions aggraveraient la pénurie de main-d'œuvre.
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